Merkel aux Allemands : vous serez financièrement responsables en cas d’échec de la zone euro

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Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel a lancé un avertissement glaçant aux épargnants allemands en leur expliquant qu’ils devront régler l’ardoise en cas d’échec de la zone euro.

Madame Merkel, qui a abandonné son opposition à la constitution d’un mécanisme d’assurance européen des dépôts, dont l’objectif est d’offrir une protection commune dans tout le bloc, a déclaré aux journalistes assistant à une conférence de presse de Berlin que ses administrés seraient responsables si le projet devait aller dans le mur.

S’exprimant aux côtés du président français Emmanuel Macron, elle a déclaré : « Nous sommes également prêts à créer un système d’assurance commun. Peut-être pas dans un futur immédiat, mais dans un avenir plus distant. Nous voulons que les risques et la responsabilité soient maintenus ensemble. »

Madame Merkel a insisté sur le fait qu’elle est « très optimiste » quant à la matérialisation de l’Union bancaire, un projet qui inclut le transfert de la prise de décision des politiques bancaires de l’échelon national à l’échelon européen.

Mais, en coulisse, le débat persiste quant à savoir jusqu’à quel niveau les créances douteuses doivent être réduites afin de pouvoir mettre en place un système de solidarité européen au sein des institutions financières.

Madame Merkel, qui a donné son accord sur l’Union bancaire en mars, a déclaré qu’elle souhaite la réduction des dettes et des risques des banques nationales au sein des pays membres de l’Union.

À l’époque, elle avait déclaré que l’Allemagne avait toujours été prête à abandonner sa souveraineté sur ce dossier si cela devait déboucher sur une meilleure supervision par l’Europe.

Son pays est également prêt à apporter sa contribution à la stabilisation de l’euro tout en étant ouvert à des obligations européennes communes, a-t-elle ajouté.

La réduction des créances douteuses progresse lentement en Europe. L’Italie a rapporté la vente de milliards de créances à des investisseurs financiers avant les élections de mars, mais cela ne représente qu’une fraction du total.

Les banques allemandes sentent également la pression. Nord/LB travaille notamment d’arrache-pied pour résoudre son problème de capitalisation après la reprise de l’institution en difficulté Bremer Landesbank.

Madame Merkel et Monsieur Macron ont dit que l’Union européenne devrait valider un cadre exhaustif de réformes en juin sur des dossiers tels que l’union monétaire, la politique d’asile et la politique étrangère.

La possibilité d’un ministère européen des Finances, ou du Budget européen, a également été suggérée.

La chancelière allemande a ajouté : « Nous nous accordons sur le fait que la zone euro n’est pas encore suffisamment équipée pour combattre une crise. Nous avons des propositions différentes, mais nous pensons que la somme de celles-ci débouchera sur une bonne solution au final. »

Le duo a insisté que d’ici juin, il désire s’accorder sur une position commune.

Article de Ciaran McGrath, publié le 21 avril 2018 sur l’Express