Pourquoi la baisse de l’or confirme son statut de valeur refuge

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Par où commencer ? Ce jeudi, c’est un véritable carnage qui a eu lieu sur les marchés. Les partisans des cryptomonnaies ont également vécu une journée catastrophique avec des actifs qui ont perdu de 30 à 40 % de leur valeur. La FED a dû sortir un bazooka monétaire qui n’a pas vraiment eu d’effet vu que la situation des repos est à nouveau préoccupante. La BCE a stupéfié les marchés en affirmant que son rôle n’est pas de resserrer les écarts de rendement entre les Bunds et les autres obligations européennes… Ambiance.

L’or a quelque peu souffert. On peut parler d’égratignures par rapport aux autres classes d’actifs. Cet article de MarketWatch explique pourquoi la baisse de l’or confirme son statut de valeur refuge :

« L’or est souvent considéré comme un pari sûr par les investisseurs. Le plongeon du prix de ce mardi, alors que la bourse chutait, montre que les investisseurs ont cherché refuge dans ce que le métal précieux offre : le cash.

« Si de l’or est vendu afin d’obtenir des liquidités d’urgence, ce qui semble être le cas en ce moment, alors il remplit son rôle de valeur refuge », a déclaré Brien Lundin, éditeur de la Gold Newsletter.

Ce mardi, le contrat à terme le plus actif, celui d’avril, a baissé de 52 $ l’once, soit de 3,2 %, pour clôturer à 1 590 $ après avoir atteint un plus bas à 1560 $. (…)

« Aucun investissement n’est sûr », a déclaré Chintan Karnani, analyste en chef d’Insignia Consultants. Les petits investisseurs ont enregistré des pertes en février et en mars, tandis que l’or a connu 2 sessions importantes de vente durant ces dernières semaines. (…)

Ce jeudi, le métal jaune est officiellement devenu un actif plus performant que le S&P 500 sur base des 5 dernières années, a fait remarquer Ryan Giannotto, directeur de la recherche de GraniteShares. « Le marché est simplement à la dérive en ce moment, a-t-il déclaré à MarketWatch durant la session de jeudi. Il ne faut pas oublier que malgré la baisse d’aujourd’hui, l’or reste en hausse de 40 $ par rapport au début de l’année. Alors que les actions ont chuté de 22 %. » (…)

« Les investisseurs ont tellement peur, ils préfèrent le cash, a déclaré Adam Koos, président de Libertas Wealth Management Group. Cash is king, comme on dit souvent, à moins que les taux américains passent en territoire négatif dans les mois à venir, ce qui n’est pas une impossibilité. »

En ce qui concerne l’or, une baisse jusqu’à 1 460 $ ferait dire à Koos qu’il est temps de sortir. Cela dit, les analystes restent optimistes quant aux perspectives à long terme de l’or.

« L’or brille vraiment à la suite d’une crise de liquidité telle que celle-ci, lorsque les banques centrales assouplissent significativement leurs politiques pour augmenter la masse monétaire, a déclaré Lundin. « Nous avons vu des réactions des marchés très similaires à celle de la crise de 2008. Dans les mois qui suivirent, l’or avait surperformé. »

Boulette de la BCE ?

Alors que les marchés prenaient l’eau de toute part, la BCE s’est fendue d’un tweet ravageur qui a provoqué une vague de colère sur les réseaux sociaux. « Le rôle de la BCE n’est pas de resserrer les écarts de rendement », a déclaré Christine Lagarde. Ce qui est tout à fait vrai, mais tellement à l’opposé du « tout ce qui sera nécessaire » de son prédécesseur.

Cet écart de rendement, soit la différence de taux entre les obligations de l’Allemagne des autres pays de la zone euro, a explosé. Si bien que le problème des PIGS semble subitement revenir au premier plan.

La BCE a bien pris quelques mesures accommodantes pour la forme, mais on est très loin de ce qui a été fait ailleurs. « La réponse doit être fiscale avant tout. Je pense que personne ne devrait s’attendre à ce qu’une banque centrale soit en première ligne pour apporter une réponse », a déclaré Lagarde.

Selon Pritchard du Telegraph, la BCE n’a pas vraiment d’autre choix vu qu’elle a atteint ses limites politiques, légales et techniques. Comme nous l’avons répété, elle n’a plus de munitions.