Powell admet que le retour des taux bas et des QE est inévitable

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Eccles Building de la Fed

Les adversaires de l’argent dette le clament depuis des années : à moins d’une réforme en profondeur du système monétaire, il n’y aura jamais de normalisation des taux. Après 10 années de mesures exceptionnelles et d’absence de normalisation, cette réalité commence à se dessiner. Pour la première fois, elle a été confirmée de façon directe par Jerome Powell himself.

Comme expliqué dans l’article « La fin de l’ère des banquiers centraux superstars », peu importe qui est à la barre, le capitaine du navire est simplement chargé d’éviter les écueils, de réagir aux événements, que ce soit à la BCE, à la FED ou ailleurs. De Yahoo Finance :

La FED répondra « de façon appropriée » aux risques posés par une guerre commerciale mondiale et d’autres développements récents, a déclaré le président de la FED Powell ce mardi via des remarques qui ouvrent la porte à une éventuelle baisse des taux.

Dans un bref communiqué publié suite à un discours prononcé sur la politique monétaire en général, Powell a déclaré que la FED « suivait de près les conséquences » d’un litige commercial qui, depuis la dernière réunion du FOMC, a déstabilisé les marchés obligataires et actions en posant ainsi des risques pour la croissance américaine et mondiale.

« Nous ignorons quand et comment ces soucis seront résolus », a déclaré Powell. « Comme d’habitude, nous répondrons de façon appropriée afin de maintenir cette phase d’expansion économique, avec un marché du travail fort et une inflation proche de notre objectif symétrique de 2 %. »

Sa remarque n’a pas fait référence au taux directeur qui serait approprié, elle n’a pas réitéré sa promesse d’être patient avant de toucher aux taux (à la hausse ou à la baisse), des déclarations qui étaient devenues coutumières dans les communications récentes de la FED.

Ces commentaires reflètent également la baisse de foi en la capacité de l’administration Trump de régler ses différends commerciaux avec ses grands partenaires commerciaux afin d’écarter tout risque pour la croissance américaine.

Ces événements ont poussé le président de la FED de Saint-Louis, James Bullard, à se positionner en faveur d’une baisse des taux cette semaine. Les marchés parient de plus en plus sur cette baisse du coût de l’argent.

Depuis la dernière hausse de son taux directeur en décembre (objectif de 2,25 à 2,5 %), la FED s’est mise en position d’attente. Malgré le fait qu’il s’agit de taux historiquement bas, ils sont considérés comme neutres par les décideurs de la banque centrale américaine.

Ces commentaires concernant le commerce ont débouché sur des remarques qui ont présenté le dilemme difficile auquel la FED doit faire face. Avec des taux et une inflation à des niveaux aussi bas, les récessions à venir devraient forcer la banque centrale à baisser à nouveau les taux et à recourir à des outils non conventionnels, comme des achats obligataires, pour soutenir l’économie. « Cela arrivera à nouveau », a déclaré Powell.

Des taux d’intérêt très proches de zéro « sont devenus le défi de politique monétaire majeur de notre époque », a déclaré Powell. « Il est peut-être temps de supprimer l’adjectif non conventionnel lorsque nous évoquons les outils que nous avons utilisés pour combattre la crise. Nous savons que de tels outils seront nécessaires, sous une certaine forme, dans le futur. » (source)

Voilà qui a le mérite d’être clair. Les mesures exceptionnelles prises après la crise de 2008 sont désormais la norme. Les taux proches de zéro aussi. Les banques centrales sont terrorisées par l’éventualité d’un krach boursier ou d’une récession. Après tout, elles sont bien moins armées qu’en 2008 pour y répondre. Cela risque d’être vraiment plus compliqué cette fois. Quand on sait qu’on est passé à 2 cheveux d’un effondrement systémique en 2008, il y a en effet de quoi se faire du mouron.