Remous obligataires : est-ce le moment pour les investisseurs de quitter la fête ?

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Les marchés du crédit ont des yeux perçants. Ils ont lancé les premiers signaux d’alerte durant ces 20 dernières années entre 4 à 8 semaines avant chaque épisode de tensions, même si nous avons connu quelques fausses alertes dans l’intervalle.

Les remous qu’ont connus les marchés des obligations américaines à haut risque la semaine dernière ont laissé aux opérateurs un arrière-goût désagréable qui pourrait enfin marquer la fin de la hausse de l’explosion des obligations corporate depuis Lehman. La quête exubérante du rendement approche ses limites.

« C’est un retour à la réalité. Les gens deviennent subitement conscients du sérieux des banques centrales quant à leur volonté de ne pas poursuivre indéfiniment leurs programmes de stimulations », a déclaré Marc Ostwald d’ADM.

L’indicateur suivi par les marchés, le « high yield option-adjusted spread » de Bank of America Merrill Lynch, a bondi de 40 points de base à 3,8 % durant les 2 dernières semaines. Le plus gros ETF obligations pourries, le fonds HYG, a atteint un plus bas de 7 mois ce vendredi. La société d’électricité NRG Energy a annulé une émission obligataire de 870 millions de dollars en raison des « conditions de marché ».

Il ne s’agit pas de mouvements énormes sur base de ce que l’on a connu dans le passé, mais il faut rester vigilant. « Ce désamour n’est pas cantonné aux États-Unis. Mon intuition me dit que quelque chose de plus large est en train de se passer », a déclaré Peter Schaffrik de RBC. L’indice iTraxx Crossover, qui mesure le risque obligataire en Europe, a bondi de 25 points de base jusqu’à 248 en 5 sessions. (…) »

Source : article d’Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, publié le 12 novembre 2017