Trump : est-ce assez clair désormais ?

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Donald Trump

Dès le départ, nous avons douté, et c’est un euphémisme, que la présidence de Trump allait provoquer un virage à 180 degrés de la politique américaine. Avec les frappes US contre la Syrie qui ont démarré, il nous semble que tout est désormais clair… Hope & Change, il faudra repasser… en tout cas pour les Européens qui espéraient la fin de l’impérialisme et de l’interventionnisme américain.

Le seul point d’interrogation, selon nous, était de savoir si Trump lui-même allait retourner sa veste ou le faire sous la pression de l’État profond. Si l’enthousiasme s’est étiolé depuis son élection, sa frange de partisans béats, ayant pour seul contre-argument face à la critique « et Hillary, c’était mieux, peut-être ? », était encore bien fournie… jusqu’à hier. Aujourd’hui, elle se retrouve désormais dans la même situation que ceux qui ont cru en Obama…

Avant ces frappes, on nous martelait encore que Trump était l’un des rares politiciens, si ce n’est le seul, à faire ce qu’il avait promis de faire. Pourtant, les exemples de contradictions ne manquent pas entre les déclarations tapageuses du candidat Trump et celles du président. Notamment sur les taux, les valorisations boursières, les Clinton, la politique étrangère, etc., etc. On va nous dire que c’est le jeu de la politique. C’est certain, mais dans ce cas, que l’on n’essaye pas de nous faire croire que Trump n’est pas un politicien de carrière. En définitive, il a appris très vite ; sur la forme, il est évident qu’il se distingue de ses pairs, mais sur le fond, nous avons bien affaire à un politicien dans le sens le plus péjoratif du terme.

Que disait Trump sur le dossier syrien avant son élection ?

Avant son élection, Trump jouait la carte de l’isolationnisme, probablement pour séduire l’électorat libertarien. Il s’est opposé à de nombreuses reprises, et de façon véhémente, à… l’intervention américaine en Syrie. Mais aujourd’hui, suite à une attaque au gaz chimique (qui se révélera être une attaque sous faux drapeau, nous sommes prêts à prendre les paris), il prétend avoir « changé d’avis », en utilisant les mêmes arguments du passé pour émouvoir l’opinion publique (les innocents, les enfants…).

Or, ce n’est pas la première fois que l’on a droit à cette fameuse attaque au gaz en Syrie : il y a un précédent, en août 2013 (qui s’est révélé être une attaque sous faux drapeau, notamment selon le rapport de Sœur Agnes Mariam de la Croix et de l’International Support Team for Mussalaha in Syria (ISTEAMS), source). Est-ce que cela avait fait changer d’avis le Donald ? Pas vraiment, voici ses tweets de l’époque (source) :

« Le président doit obtenir l’approbation du Congrès avant d’attaquer la Syrie, c’est une grosse erreur s’il ne le fait pas » – Donald Trump, 31 août 2013

« De nouveau, cher leader très imprudent, n’attaquez pas la Syrie – si vous le faites de très mauvaises choses arriveront et de ce combat les USA n’en retirent rien » – Donald Trump, 5 septembre 2013

« Président Obama, n’attaquez pas la Syrie. Il n’y a aucun avantage à en retirer, mais beaucoup d’inconvénients. Gardez vos cartouches pour un autre (et plus important) jour. » Donald Trump, 7 septembre 2013

2 tweets de Trump sur la Syrie en 2013

Dans les jours précédant l’élection, Trump avait également attaqué Clinton en l’accusant de préparer une guerre avec la Syrie, une mauvaise idée selon lui. Il avait notamment publié sur son site Web :

« Nous avons déjà dépensé 6 trillions de dollars dans des guerres au Moyen-Orient alors que notre pays est en état de délabrement. Désormais, Hillary veut démarrer une guerre avec la Syrie, en opposition avec une Russie qui possède des armes nucléaires, ce qui pourrait mener à la Troisième Guerre mondiale. »

Éloquent. Mais ce n’est pas de la faute du Donald : ce sont les méchants néocons qui le conseillent mal… L’or en profite, et notre petit doigt nous dit que le bien imprévisible président américain va soutenir le métal jaune à de nombreuses reprises durant son mandat. Les analystes n’ont aucune idée de ce que Trump fera… pour la simple et bonne raison que l’intéressé semble lui-même n’en avoir aucune idée.