Kuroda rempile à la tête de la Banque du Japon

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Cette décision était attendue. Elle est désormais confirmée : Haruhiko Kuroda se succédera à lui-même à la tête de la Banque du Japon. Après tout, quoi de plus logique. Comme l’a dit l’un de ses plus fervents adversaires qui siège au parlement japonais, s’il a mené toutes ces politiques ultra-accommodantes et potentiellement catastrophiques, c’est à lui de continuer à piloter le navire.

Selon cet article du Japan Times, cette décision signifie que la BoJ devrait poursuivre sur la voie de politiques agressives :

« La décision du Premier ministre Abe de continuer avec Kuroda à la barre de la banque du Japon indique que les stimulations vigoureuses vont se poursuivre. Le raffermissement récent du yen pourrait repousser encore davantage la normalisation des politiques.

C’est le message lancé par le résultat d’un sondage mené auprès de 26 économistes suite à la confirmation de Kuroda, ainsi que la nomination de ses adjoints Masayoshi Amamiya et Masazumi Wakatabe. Seulement 3 des experts interrogés estiment que les nominations vont changer le cours des politiques monétaires de la banque centrale. Nombreux sont les économistes qui ont cité le marché des changes comme étant un problème pour la BoJ.

Le yen a grimpé jusqu’à 105,55 faces au dollar vendredi dernier, pour atteindre son plus haut depuis novembre 2016. Ce qui a poussé le ministre des Finances et d’autres hauts responsables à s’inquiéter publiquement de la vigueur du yen. S’exprimant devant le Parlement la semaine dernière, Kuroda a déclaré que son institution doit poursuivre avec ses politiques monétaires accommodantes.

« L’appréciation rapide du yen augmente les chances de report du relèvement de l’objectif de taux des obligations sur 10 ans », a déclaré Atsushi Takeda, économiste en chef d’Itochu Corp. « Si le dollar devait s’échanger à plus de 100 ¥, des mesures accommodantes additionnelles sont une possibilité. » (…)

Du côté de Bloomberg, on insiste sur les nouveaux membres de l’équipe, qui seraient des partisans de politiques accommodantes. Masayoshi Amamiya a notamment fortement contribué à l’élaboration des politiques actuelles tandis qu’Etsuro Honda est un grand partisan de politiques de relance qui entretient des relations étroites avec le Premier ministre Abe. Le premier a été nommé, mais pas le second. Quoi qu’il en soit, avec cette équipe les stimulations monétaires massives devraient donc se poursuivre, notamment pour contribuer à faire baisser la pression sur le yen et consolider les actions japonaises.