Les taux négatifs anticipés aux USA par les marchés à terme

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Il s’agit d’une première. Pour la première fois de l’Histoire, les marchés à terme anticipent des taux négatifs aux USA. À savoir à partir de décembre 2020. Si la FED définit la direction des taux avec son bien nommé « taux directeur », en bout de course ce sont les marchés (fortement influencés par la FED, il est vrai) qui définissent les taux. Pour décembre 2021, les marchés à terme anticipent un taux de -0,022 %.

Taux négatifs : du pain béni pour l’or

Si vous vous demandez pourquoi l’or est reparti de façon convaincante au-dessus des 1 700 $, il ne faut pas chercher plus loin. En effet, le dollar et les marchés actions étaient également à la hausse durant la remontée du métal jaune. Zero Hedge fut évidemment prompt sur la balle.

Le média financier iconoclaste a ainsi rappelé que selon ses calculs, publiés en 2015, le point d’équilibre des taux dans une économie endettée à hauteur de 350 % de son PIB (toutes dettes confondues) se situait à un maigre 0,57 %. C’est pourquoi, dès cette époque, Zero Hedge avait qualifié d’erreur de politique la velléité de la FED de normaliser les taux. Les faits lui ont évidemment donné raison.

La situation a bien sûr empiré depuis. Si bien que le point d’équilibre des taux se situe désormais à -1,0 %. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de l’estimation de Zero Hedge, mais de stratégistes de Deutsche Bank. Et ZH de conclure :

« La conclusion est effrayante : malgré tout ce que la FED a fait, notamment en termes d’injections directes de trillions de dollars et de soutien au financement, non seulement elle doit faire bien plus, mais aussi recourir aux taux négatifs afin de rétablir les déséquilibres. »

La même conclusion est atteinte par le stratégiste FX de Nordea, Andreas Steno Larsen. Mais il va encore plus loin, en affirmant qu’il n’y aura pas que les taux courts qui devront être négatifs : l’intégralité de la courbe des taux devra passer en dessous de zéro.

Ken Rogoff avait préparé le terrain

Malgré les réticences de la FED, des économistes sont déjà en train de pousser en faveur des taux négatifs. La semaine dernière, Ken Rogoff a été jusqu’à suggérer -3,0 % ou plus… On doute que les banques apprécient.

La FED ne veut pas entendre parler des taux négatifs

Jerome Powell himself a déjà fait savoir qu’il est contre les taux négatifs. Ce jeudi, ce fut autour du président de la FED de Richmond, Thomas Barkin, de faire une sortie dans les médias allant dans ce sens.

Il a déclaré à CNBC qu’il reste convaincu que les taux négatifs ne deviendront pas une politique officielle aux États-Unis, même si les marchés sont en train de pousser la FED dans cette direction.

« Je pense que les taux négatifs ont été essayés ici et là. Personnellement, je n’ai rien vu qui me porte à croire que nous avons intérêt à y recourir ici », a déclaré Barkin dans l’émission Closing Bell de CNBC.

L’économie américaine se trouve actuellement dans une récession sans précédent. La Maison-Blanche et certains responsables de la FED ont déclaré s’attendre à une reprise rapide après la fin du confinement. Mais les 33,5 millions d’inscriptions au chômage qui vont probablement pousser le taux de chômage à bien plus de 15 % suggèrent que le rebond pourrait être lent à se matérialiser.

Selon Barkin, « l’économie ne peut pas tomber beaucoup plus bas. Je pense que le rebond sera plus lent à se matérialiser. Cela signifie que nous allons devoir aider les ménages et les petites entreprises dans le besoin. Ce que nous allons faire, c’est au Congrès de décider ».