• En ce vendredi matin, tout semble indiquer que les métaux précieux vont clôturer la semaine à la baisse. Hier, ils ont connu leur journée la plus volatile de la semaine. L’or a clôturé à 1.772 $ après avoir atteint au cours de séance un plus haut de 1.789 $ et un plus bas de 1.758 $. L’argent a connu une volatilité similaire, mais en résistant mieux au final. Depuis ce matin, la tendance baissière des 2 dernières journées se poursuit.
  • En Allemagne, l’inflation a dépassé pour la première fois l’objectif de la BCE de 2 % en avril (2,1 %), ce qui a surpris le consensus, qui s’attendait à une hausse de l’inflation, mais en dessous de 2 %. Cette information a engendré des ventes sur le marché obligataire, ce qui a mécaniquement fait augmenter les taux
  • Hier, les chiffres concernant la croissance américaine du premier trimestre ont été publiés. Au final, la croissance annuelle enregistrée, de 6,4 %, n’a pas répondu aux attentes du consensus (6,8 %). Cependant, certaines composantes sont encourageantes. Par exemple, la consommation des ménages a rebondi de 10,7 %, soit un peu mieux que les 10,5 % attendus par le consensus. C’est cette nouvelle qui a provoqué le petit pic de l’or enregistré ce jeudi.
  • D’après Arkadiusz Sieron, les chiffres de l’inflation d’avril vont en surprendre plus d’un. Il serait prématuré d’affirmer que la hausse de l’inflation va devenir permanente durant ce mois. Mais selon lui, la FED fait montre d’une insouciance déplacée en ce qui concerne la possibilité de voir l’inflation déraper.
  • Du côté de Bloomberg Intelligence, on persiste et signe : sans Bitcoin, l’or s’échangerait aujourd’hui à 2.300 $. Nous ne partageons pas ce point de vue. Bitcoin s’est apprécié en raison de progrès en termes de démocratisation (PayPal, etc.), de sociétés qui ont subitement réalisé en 2020 que le dollar est constamment dévalué (MicroStrategy et le nouvel apôtre de Bitcoin Michael Saylor, Tesla), des chèques de stimulation américains, d’une montée en puissance des petits investisseurs qui privilégient les investissements risqués à haut rendement (voir le phénomène WSB) et le momentum trading, ainsi que d’investisseurs renommés qui ont ouvert une position spéculative. Tesla aurait-il acheté de l’or si Bitcoin n’existait pas ? Permettez-nous d’en douter fortement. Tesla a d’ailleurs récemment vendu une partie de ses Bitcoins, histoire d’embellir ses résultats. Elon Musk prétend qu’il s’agissait de prouver « que le marché est liquide ». Une explication absurde qui ne convainc que les convertis : si Tesla ou MicroStrategy ont pu acheter rapidement de nombreux Bitcoins, c’est parce qu’il y avait des vendeurs. Il n’y a aucune raison d’anticiper des problèmes pour la cession d’une partie de ces BTC. Il y a probablement des rotations Bitcoin/or (et inversement, d’ailleurs). Mais de là à valoriser cet impact à 500 $… Dernier argument : la baisse de la demande de l’année dernière des banques centrales et des marchés asiatiques ne peut être imputée à Bitcoin. C’est pourquoi cette théorie ne tient pas la route.