L’or pourrait atteindre son record en fin d’année en raison de la demande

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pièces d'or et d'argent

L’or pourrait atteindre un nouveau record d’ici la fin de l’année. Mais il ne faut pas s’attendre à une hausse constante, même si les mesures prises pour épargner des économies frappées de plein fouet par la pandémie soutiennent la demande pour le métal jaune en raison de son statut de valeur refuge.

Selon Darwei Kung, gestionnaire et responsable des matières premières du DWS Group, le prix de l’or en dollars devrait progresser lentement mais sûrement au fil du temps. L’augmentation de la demande des investisseurs a été compensée par la baisse de la demande des banques centrales, selon lui. En effet, leurs réserves ont été mises à mal en raison de la récession.

Kung s’attend néanmoins à voir les banques centrales réagir si l’inflation accélère. Cela pourrait déboucher sur des taux plus élevés, ce qui mettrait la pression sur l’or. Les effets du Covid-19 devraient néanmoins être transitoires, selon lui. Il estime que ces facteurs limitent la performance de l’or à court terme.

Fin de la semaine dernière, les contrats à terme sur l’or s’échangeaient autour de 1.720 dollars l’once. Il s’agit d’une hausse de 13 % depuis le début de l’année, mais il reste coincé dans un écart de moins de 64 $. Ces contrats sont à 9 % de leur record du 22 août 2011 (1.891,9 dollars), d’après Dow Jones Market Data.

La dette, moteur de l’or

« La quantité de dettes créée afin de boucher les différents trous monétaires et fiscaux » est le facteur qui joue le plus en faveur de l’or, selon Petter Grosskopf, CEO de Sprott Inc.

Dans ce contexte, l’or est en hausse. Les participants aux marchés vont « des fonds souverains aux caisses de retraite en passant par les riches investisseurs et les hedge funds », selon lui. Malgré cela, le métal jaune n’est pas encore parvenu à atteindre son record historique. Selon Grosskopf, cela s’explique par le fait que « toutes les classes d’actifs font toujours face au choc déflationniste et à la crise de liquidité qui ont accompagné la pénurie mondiale de dollars ».

Pendant un moment, l’or a affiché une performance négative cette année alors que les investisseurs vendaient du métal afin de récupérer des liquidités pour couvrir leurs pertes sur les marchés actions. Les grands indices boursiers américains se sont ensuite relevés durant le second trimestre.

« Davantage d’investisseurs doivent ajouter de l’or à leur portefeuille en tant qu’assurance, a déclaré Grosskopf. Cela va créer une offre supérieure à la demande », a-t-il déclaré. Ce facteur, ainsi que l’accélération de la création monétaire et des déficits, devrait pousser l’or jusqu’à 1.900 ou 2.000 $ d’ici la fin de l’année.

Selon lui, l’or est un caméléon, ou encore un thermomètre de l’anti-confiance. L’or est capable de s’adapter à de nombreux thèmes. Par exemple, il se comporte très bien durant les périodes d’inflation ou de déflation extrême.

En référence à cette analogie du caméléon, Grosskopf explique que si davantage d’économies rouvrent et qu’il y a une forte reprise en Chine et ailleurs, il y aura de l’inflation. Dans un tel scénario, « l’or se portera bien, tandis que les obligations seront massacrées ». Dans le cas contraire, si le coronavirus devait continuer de se répandre et que de nombreuses économies restent fermées, « il y aura de la création monétaire et la dévaluation des monnaies, ce qui est également bon pour l’or ». Cela dit, cela ne signifie pas que l’or ne peut pas baisser en cas de crise de liquidité ou de crise du crédit, comme on a pu le constater en mars dernier, prévient-il.

De son côté, Kung voit l’or à 1.800 $ d’ici mars 2021. « Tandis que les actions se sont redressées, l’or reste une bonne assurance vu les incertitudes qui planent », a-t-il déclaré.

Il pense que le métal jaune dispose du potentiel pour atteindre à terme 1.900 $ et plus. Parmi les raisons susceptibles de matérialiser ce scénario, il y a, selon lui :

  • Une correction persistante des marchés actions ;
  • La réévaluation des attentes d’inflation à long terme bien au-dessus des objectifs implicites et explicites des banques centrales ;
  • L’émergence de nouveaux conflits économiques ou géopolitiques.

À court terme, Kung voit l’or s’échanger entre 1.680 et 1.780 $ l’once, 1.700 $ et en deçà constituant de bons points d’entrée.

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