Jay Powell n’aura donc pas déçu, cette fois. À l’occasion de Jackson Hole, il a bel et bien annoncé que l’objectif d’inflation de la FED, à 2 %, sera désormais basé sur une moyenne. Ce qui signifie qu’elle est prête à laisser l’inflation dépasser ce seuil pour compenser les périodes antérieures d’inflation décevante.

Avant de poursuivre, précisons que nous n’allons pas entrer dans le sempiternel débat de l’inflation officielle qui ne reflète pas l’augmentation des prix dont sont victimes les consommateurs. Il est clair que les chiffres officiels ne sont pas représentatifs de la hausse du coût de la vie que nous connaissons (poids et choix des composantes, ajustements hédonistes, etc.). Cela dit, les marchés et les banques centrales utilisent ces chiffres pour prendre leurs décisions. On va donc s’y tenir.

Les mauvaises langues disent que de toute façon, la FED ne parvient pas à créer de l’inflation. Et que par le passé, elle l’a déjà laissée franchir ces 2 % sans toucher à son taux directeur. C’est vrai, mais cette annonce est lourde de signification à long terme. De plus, les conditions n’ont jamais été aussi accommodantes. Avec ce discours, Powell a simplement indiqué que la FED ne risque pas de sitôt de relever son taux directeur.

Pas de hausse du taux directeur US avant 2062 ?

« Pas de sitôt » est évidemment un terme vague. Bank of America a fait ses calculs. Et selon la banque américaine, ce nouveau cap politique signifie que la FED ne relèvera pas son taux directeur avant… 42 ans (source).

La FED a également indiqué qu’elle allait être particulièrement attentive au marché de l’emploi. L’or a tout d’abord bondi à la hausse avant de partir à la baisse durant une session très volatile. Voici ce qu’il faut retenir, selon Jim Wyckoff, analyste senior de Kitco.com (source) : « Globalement, nous nous dirigeons vers un environnement avec davantage d’inflation. Il s’agit d’un changement de psychologie par rapport aux 10 dernières années. C’est pourquoi le prix des métaux précieux va continuer de s’apprécier », a-t-il déclaré. À court terme, il s’attend à des hauts et des bas, puis à une reprise de l’appréciation du prix du métal jaune.