Or : les facteurs monétaires sont plus importants que les facteurs géopolitiques selon Peter Boockvar

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Peter Boockvar, analyste en chef du Lindsey Group, société de conseil financier, explique pourquoi les politiques monétaires de la FED sont bien plus importantes que les tensions géopolitiques du genre rodomontades nucléaires de Trump et Jong-un lorsqu’il s’agit d’investir dans les métaux précieux (source) :

« Si vous aviez le moindre doute concernant les intentions de la FED de démarrer son resserrement quantitatif en septembre en raison des tendances récentes de l’inflation, le président de la FED de New York Bill Dudley, un membre clé de la troïka, nous explique ENCORE que cela aura lieu. Il a dit :

« Je pense que nous sommes toujours sur la trajectoire initiée il y a quelques années. Au-dessus de la tendance de croissance, un marché de l’emploi qui se tend graduellement, de l’inflation quelque peu en dessous de notre objectif, nous nous attendons à voir le marché de l’emploi poursuivre sur cette voie, à voir les salaires augmenter, ce qui finira par pousser l’inflation vers notre objectif de 2 %. » En ce qui concerne les tensions sur le marché de l’emploi, il a ajouté : « Un éventail assez large de preuves suggère que le marché de l’emploi, sur ces dernières années, est plus tendu que jamais. »

La FED n’a aucun problème à démarrer la réduction de la taille de son bilan car « je pense que la nouvelle a été généralement bien reçue, et qu’elle est anticipée. Les gens s’attendent à ce que cela ait lieu ». J’en reviens à ce que j’ai déjà dit, à savoir que si je vous préviens un mois à l’avance que je vais vous mettre un coup de poing dans la figure, cela ne vous fera pas moins mal. La FED a l’air de penser le contraire, tout comme les marchés d’ailleurs.

À tous ceux qui crient que la FED ne relèvera pas son taux en raison des faibles chiffres récents de l’inflation, Dudley a utilisé cette raison pour justifier « la fin graduelle des politiques monétaires accommodantes » :

« 1) Les politiques monétaires sont toujours accommodantes, ce qui signifie que les taux courts sont plutôt bas. 2) Et, chose probablement encore plus importante, les conditions financières se sont plutôt détendues et non le contraire. Donc, malgré le fait que nous ayons relevé les taux, les conditions financières sont plus souples aujourd’hui qu’il y a un an. La bourse est en hausse, les écarts de taux des marchés du crédit se sont resserrés, le dollar s’est affaibli : tous ces paramètres ont plus que compensé les effets de la hausse des taux courts ainsi que les hausses très modestes que nous avons constatées sur les taux longs. »

Le dilemme de la FED

Donc, les marchés ont grimpé pour conduire à un nouveau relèvement du taux directeur américain si rien ne change d’ici là. Voici le dilemme de la FED : si les marchés baissent après le début de la réduction de la taille de son bilan, cette baisse pousserait la FED à repousser la prochaine hausse de son taux directeur. (…)

En réponse, les taux des obligations américaines sur 2 et 10 ans ont grimpé, tandis que le dollar a progressé par rapport à l’euro. Les actions n’ont quant à elles pas bronché.

Tensions géopolitiques, politiques monétaires et or

C’est pourquoi je vais le répéter : n’investissez pas dans l’or sur base de motifs géopolitiques, car ces influences ne durent jamais. Achetez ou vendez de l’or en fonction de critères monétaires par rapport aux monnaies papier et des politiques des banques centrales. C’est d’ailleurs pour ces raisons que je reste positif pour le métal jaune.