Or : pourquoi ce choix est plus simple et plus urgent aujourd’hui

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Perth Mint or

Selon nous, le choix de l’or devient plus simple et bien plus urgent. Notre raisonnement est simple : la FED ne peut pas sortir de la logique du QE, qui a échoué. Elle va devoir à nouveau être accommodante. Acheter de l’or permettra de préserver son capital.

Afin de combattre la crise financière de 2008, les banques centrales ont créé énormément de nouvelle monnaie. Environ 15 trillions de dollars afin de fournir les liquidités nécessaires au système bancaire, de stimuler la demande et de faire reprendre les investissements. Leur politique principale fut le QE, un programme d’achats d’actifs financiers avec cette monnaie fraîchement créée, principalement sous la forme de réserves. Alors que les bilans des banques centrales ont cessé d’augmenter, les marchés mondiaux ont atteint un pic et les économies ont commencé à ralentir, ce qui montre leur dépendance aux politiques monétaires accommodantes.

Bilans des banques centrales

Les QE massifs ont empêché l’effondrement du système financier, mais la reprise fut inhabituellement lente vu que la majorité de la monnaie créée a servi à gonfler des bulles spéculatives. Les marchés actions ont atteint des valorisations historiques par rapport aux ventes et au PIB, les taux ont atteint un plus bas de 5000 ans tandis que les investissements étaient à la traîne et que la croissance de la productivité tombait.

Les banques centrales savaient qu’elles devraient tôt ou tard normaliser leurs politiques. La FED a commencé en décembre 2015 avec le premier de ses 8 relèvements de 0,25 % de son taux directeur, un rythme historiquement lent de hausse des taux. Elle s’est ensuite mise à réduire la taille de son bilan en 2017.

La semaine dernière, la FED a mis un terme à sa politique de normalisation. 3 mois auparavant, elle affirmait avec confiance que les taux étaient encore bien en dessous de la neutralité et qu’ils continueraient à grimper en raison de la vigueur de l’économie. En décembre, elle affirmait que la taille de son bilan serait réduite de 50 milliards par mois en « pilote automatique ». Le 20 mars, tout a été annulé. La FED a annoncé la fin du processus de normalisation. De toute son histoire, on n’avait jamais connu une telle volte-face.

D’un point de vue historique, ce que la FED considère aujourd’hui comme la normalité est une posture extrêmement accommodante. Le taux directeur, de 2,25-2,5 %, n’est que de 0,25 % lorsqu’on prend en compte l’inflation à long terme attendue. À titre de comparaison, le taux réel était de 2,75 % à la fin du dernier cycle de resserrement en 2006, et de 4 % en 2000. En septembre, la FED aura toujours dans son portefeuille pour plus de 3,5 trillions d’obligations, soit 17 % du PIB. Ce chiffre s’élevait à 6 % 2006.

La conclusion

Qu’avons-nous appris de tout ceci ? Les investisseurs et la FED ont appris que l’économie et les marchés ne peuvent pas encaisser une véritable normalisation. 10 années de stimulation d’urgence ont restructuré l’économie autour des taux bas records, d’une liquidité record et d’une dette record. On ne peut plus faire marche arrière. Ce fut une surprise pour les marchés actions, mais pas pour les marchés obligataires, qui signalent depuis plusieurs mois que la reprise économique est en perte de vitesse. Depuis le 20 mars, les taux des bons du Trésor à longue échéance ont chuté, prédisant avec un degré élevé de certitude une récession.

Mais la leçon la plus importante de cette débâcle commence seulement à se matérialiser. Non seulement la FED ne peut pas abandonner ses politiques d’urgence, mais nous réalisons également que les QE ne créent pas de croissance pérenne. En fait, ils pourraient même affaiblir l’économie tout en promouvant une dette excessive et des valorisations dangereuses. De plus, les politiques accommodantes sont tout ce que les banques centrales savent faire, c’est la solution à tous les problèmes. (…)

Imaginez un nouveau round de QE, lorsque les investisseurs savent que ce n’est pas productif pour l’économie. Imaginez qu’ils les implémentent pour financer le Trésor américain et soutenir des entreprises zombies quand la crédibilité de la FED est déjà à un plus bas. Où pensez-vous que l’argent ira ? Dans les actions et les obligations, ou dans les actifs tangibles et l’or ?
Article de Rudi Fronk et Jim Anthony, publié sur StreetWiseReports