7 choses à savoir sur la nouvelle monnaie mondiale désormais en circulation

7 choses à savoir sur la nouvelle monnaie mondiale désormais en circulation

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FMI

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1.) Le dollar est-il officiellement « mort » et remplacé par une nouvelle monnaie internationale ?

Cela signifie-t-il pour autant que le dollar est devenu une monnaie oubliée et sans valeur ? Bien sûr que non. Il se peut même que la décision du FMI disparaisse très vite du débat public. Vous n’en avez d’ailleurs certainement pas entendu parler dans les journaux télévisés. Et, à ce propos, notons aussi que tout cela ne causera pas le crash du dollar immédiatement. Il est plutôt question ici d’un processus en voie de développement, qui aura des implications à long terme, certes, mais force est de constater que la décision internationale immédiate ne fera pas le buzz en soi. Cela vient d’ailleurs appuyer notre hypothèse : le dollar va effectivement mourir – mais à l’issue d’un long processus, et non pas suite à un « bang » immédiat.

Le dollar a remplacé la livre sterling comme monnaie mondiale dominante durant le siècle dernier. Mais ce fut un processus graduel qui a eu lieu entre 1914 et 1944. Tout cela ne s’est pas produit en une nuit, tout comme les DTS (droits de tirage spéciaux) ne vont pas remplacer le dollar en un seul instant, comme par magie.

En effet, depuis le premier octobre 2016, vous n’avez pas dû remarquer quoi que ce soit de sensiblement différent en cette matière. Vous avez toujours des dollars dans votre portemonnaie, vous êtes encore payé en dollars : cette devise continue effectivement de valoir quelque chose.

Mais le premier octobre fut néanmoins un tournant très important. Notons que le tableau des membres du club des monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS), n’a changé qu’une seule fois au cours des 30 dernières années. Les DTS ont été effectivement dominés par le « Big Four » (les États-Unis, le R.-U., le Japon et l’Europe) depuis que le FMI a abandonné les DTS d’or en 1973. Cela explique d’ailleurs pourquoi l’inclusion du yuan chinois dans ce club privé est si importante.

2.) Dois-je me débarrasser de mes dollars, actions et autres investissements, pour tout reconvertir en or ?

Non. Nous croyons que vous devriez posséder de l’or, certes (notons que celui celui-ci vaut actuellement 10.000 de dollars l’once), mais nous ne vous recommandons pas d’investir plus de 10 % de votre argent investissable en or, ou en tout autre actif inhérent. Certaines personnes vous diront que « Jim Rickards recommande de vendre tout et de le convertir en or ». Ce n’est pourtant pas le cas. L’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier, n’est-ce pas ?

Nous vous recommandons plutôt de disposer d’un portefeuille diversifié qui comprend de l’or ; des investissements en objets d’art et dans des biens immobiliers ; de la trésorerie ; des obligations et des actions, ainsi que certaines alternatives stratégiques à l’instar de fonds de couverture et de capitaux-risque au niveau macroéconomique. Vous devez effectivement être agile, d’autant plus dans le cadre macroéconomique contemporain de plus en plus imprévisible. Nous fournissons des conseils en cette matière dans la newsletter « Jim Rickards’ Strategic Intelligence ».

3) Qu’entendez-vous lorsque vous dites que le « nouvel ordre monétaire » est arrivé le premier octobre 2016, alors que les DTS existent depuis 1969 ?

Il est vrai que les DTS ont effectivement été mis en place en 1969. Et, bien évidemment, un certain nombre d’enjeux liés à ces derniers ont vu le jour lors des années 1970. En effet, le FMI a revu le fonctionnement des DTS à trois reprises depuis leur création, il y a maintenant plus de 40 ans de cela. Chacune de ces reprises étaient en réalité liée à une crise de confiance dans le dollar américain…

En 1969, les Français parmi d’autres ont pointé le fait que les États-Unis imprimaient des dollars en trop grande quantité. A l’époque, les étrangers pouvaient encore échanger des dollars contre de l’or et il y avait effectivement une course relative à l’acquisition de l’or. Le FMI a donc créé les DTS afin notamment de lisser les capitaux monétaires bruts, en émettant 9,3 milliards de DTS en 1972.

En 1979, l’inflation à travers les Etats-Unis a grimpé à des taux incontrôlables, en dépassant les 14 %. Les réserves en dollars des pays producteurs de pétrole plongeaient à toute allure. Le FMI a alors émis 12,1 milliards de DTS en 1981.

En 2009, en réponse à la panique de 2008, le FMI a émis 182,7 milliards de DTS au cours de la période entre août et septembre. Ce fut la première fois depuis près de 30 ans que le FMI émettait des DTS. Et ce fut, notons-le encore une fois, la réponse de l’institution face à la crise de liquidité mondiale, d’autant plus sachant que le FMI s’est vite rendu compte que les banques centrales mondiales ne pouvaient pas agir assez vite. Ainsi, le FMI a émis plus de 100 milliards de dollars de DTS.

Mais la panique de 2008 a tout changé. Les banques centrales du monde entier ont considérablement élargi leurs bilans pour faire face à la crise. Cela dit, elles ne seront pas en mesure de répondre de la même manière lorsque la prochaine crise frappera, ce qui arrivera certainement plus tôt qu’on ne le croie. Les banques seront alors en manque d’armes.

La seule institution financière avec un bilan assez robuste pour répondre à la crise sera le FMI, et notons qu’il agit déjà d’une sorte de « banque centrale du monde ». En ce sens, il devra émettre des quantités massives de DTS pour maintenir le système monétaire international en état fonctionnel. Cela dit, le résultat généré sera la fin du dollar dans sa qualité de monnaie principale de réserve mondiale. Voilà pourquoi les évolutions d’aujourd’hui représentent en réalité un changement radical par rapport au passé.

4.) Devons-nous nous attendre à un grand mouvement de marché suite à l’adhésion du yuan chinois aux DTS ?

Nous ne sommes pas en train de le prévoir, mais nous ne serions pas non plus surpris si cela arrivait. L’économie est au bord de la récession. Nous avons eu une année complète – 4 trimestres consécutifs – avec une croissance moyenne d’environ 1,2 % et avec quelques révisions qui ont été même en dessous. Il s’agit là d’une croissance extrêmement faible et dangereusement proche de la récession.

Le commerce mondial a chuté de façon spectaculaire. Les stocks sont caractérisés par une volatilité pointue. Vous ne savez jamais quel événement va provoquer un accident, mais cela peut littéralement arriver à tout moment.

La crise peut donc refrapper demain ou bien dans six mois, on ne peut pas le savoir avec exactitude. La vraie question à se poser, c’est : qu’est-ce qu’on attend vraiment ? Et force est de noter encore une fois que personne ne peut prévoir ces choses dans le temps. En ce sens, lorsque cela arrivera, il sera trop tard pour prendre les mesures adéquates. De combien d’avertissements avons-nous encore besoin ?

5.) Est-ce que les DTS reconfigurés auront un impact positif sur le prix de l’or ?

Les DTS sont inflationnistes. Si vous inondez le marché en dollars de DTS, l’or va faire montre d’une pointe spectaculaire, en atteignant sans doute les 10,000 dollars. Cela va-t-il arriver de suite ? Encore une fois, probablement non. Mais la tendance est en cours. L’on peut donc s’attendre à ce que le dollar soit dévalué de 50-80% dans les années à venir.

6.) « Puis-je acheter des DTS ? »

Officiellement, non, vous ne pouvez pas. Le FMI est la seule institution qui peut imprimer et distribuer la devise mondiale. Seuls ses Etats membres qui sont dans son « panier » d’élite peuvent échanger librement des DTS. En règle générale, les DTS sont utilisés pour des prêts ou des remboursements effectués par le FMI. Ils sont également utilisés par les banques centrales des Etats membres, afin notamment de vendre et ainsi d’aider les réserves de change en période de crise économique.

Après, il est également vrai qu’un « secteur privé » version DTS sera disponible : il sera appelé M-DTS. Le FMI a publié un document technique introduisant le concept d’un marché de DTS privé. Dans la vision du FMI, les entreprises privées et les corporations pourront émettre des obligations libellées en DTS. Qui seront les émetteurs logiques de ces obligations ?

Probablement les organisations multinationales ou multilatérales comme la Banque asiatique de développement, et peut-être certaines grandes entreprises comme IBM ou General Electric. Qui achèterait ces obligations libellées en DTS ? Principalement des fonds souverains. La Chine sera certainement un des acheteurs importants.

Mais le seul recours principal pour les investisseurs de tous les jours sera de posséder des DTS « synthétiques ». Nous avons conceptualisé un moyen permettant de procéder à une participation « non officielle » en termes de DTS. Cette participation « non officielle » est non seulement parfaitement légale, mais elle est la seule façon que l’on connaisse permettant à un citoyen lambda d’y avoir accès.

7) Quelle est la prochaine étape importante dans le développement de la nouvelle monnaie mondiale ?

Le 7 octobre, le FMI tiendra sa réunion annuelle à Washington, afin notamment d’envisager des mesures supplémentaires pour élargir le rôle des DTS et de faire de la Chine une partie intégrante du nouvel ordre monétaire mondial. Mais il y a un autre développement imminent qui a des implications pour l’adoption des DTS … à savoir le retour des BRICS.

« BRICS » est un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qui sont parmi les plus grandes économies en matière de marchés émergents, et représentent environ 22 % du PIB mondial. Il y a cinq ans, la discussion dans les milieux monétaires internationaux tournait autour de la montée des BRICS. Il s’est avéré que les BRICS pourraient représenter un sérieux défi à l’hégémonie du dollar américain. Puis l’histoire autour de BRICS a perdu de l’ampleur en 2014-15. Mais cela change actuellement.

Lors du Sommet des dirigeants du G20 à Hangzhou, en Chine lors du mois de septembre 2016, BRICS a fait une demande très intéressante. Les membres de cet organisme ont beau atteindre 22% de l’économie mondiale, mais ils ne détiennent que 14,89 % des voix au FMI.

Tout pays ou groupe de pays possédant 15 % des voix a un pouvoir de veto sur certaines décisions importantes du FMI, y compris l’émission de DTS. Un seul pays a plus de 15% aujourd’hui : il s’agit des États-Unis. Les BRICS demandent maintenant que leur vote au FMI se rapproche de leur part de l’économie mondiale, c’est-à-dire au-delà du seuil des 15%.

Si cela se produisait, le FMI ne serait en mesure d’inonder le monde de DTS – dans l’hypothèse d’une crise de liquidité – qu’à condition que les BRICS donnent leur accord. Nul ne doute que les BRICS seront d’accord, mais seulement si d’autres mesures sont simultanément prises, afin notamment de détruire la position privilégiée du dollar américain dans les paiements et dans les réserves mondiales. Les BRICS sont donc bel et bien de retour et cela aura des implications importantes sur l’adoption des DTS… mais aussi sur le dollar.