Les géants miniers de l’or au bord du précipice

Les géants miniers de l’or au bord du précipice

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mine d'or

Article de MineWeb publié le 22 juillet 2015 :

« La baisse récente du cours de l’or rapproche même les géants miniers de l’or de la production à pertes si bien que les perspectives à long terme de l’industrie pourraient être sérieusement endommagées.

Voyons la vérité en face : en raison de la chute récente du cours de l’or, le secteur minier a désespérément besoin de quelque chose pour le remettre sur les bons rails. Les actions minières sont à leur plus bas de ces dernières années et même pour les grosses sociétés, les coûts de production se rapprochent de façon dangereuse du cours actuel de l’or. Voici la liste des 5 plus gros producteurs du monde de métal jaune ainsi que leurs coûts de production annoncés et actuels.

Société Coût par once T1 2015 Coût par once 2015 estimé
1. Barrick Gold (ABX) $927 $860-895
2. Newmont Mining (NEM) $849 $960-1020
3. AngloGold Ashanti (AU or ANG) $926 $1000 – $1050
4. Goldcorp (GG) $895 $875-950
5. Kinross Gold (KGC) $964 $1000-1100

Il est évident en observant ces chiffres que trois sociétés minières du top 5 devront dépenser près de 1000 $, voire plus, pour produire une once d’or en 2015 mais ce qui est encore plus inquiétant est que certains analystes estiment que ces coûts de production tels que rapportés par les sociétés minières n’incluent pas tous les frais engendrés par la production (comme les coûts sociaux, la capitalisation, les permis, etc.). (…) Le World Gold Council propose d’ailleurs une méthodologie plus rigoureuse, le All In Cost (AIC, coûts tout inclus). (…)

Il y a quelques mois, nous avions publié un article spéculant que l’Afrique du Sud, l’un des plus gros producteurs mondiaux d’or, pourrait voir le secteur minier de ce métal être totalement ravagé d’ici la fin de la décennie alors qu’il est confronté à des remous sociaux et que les coûts de production augmentent au fur et à mesure que leurs meilleurs filons s’épuisent. En utilisant la méthodologie du WGC, la situation financière des mineurs sud-africains est encore plus compromise.

Par exemple, chez AngloGold, les coûts tout inclus affichent 100 $ de plus que les coûts de production déjà élevés de 1000 $ l’once. (…) Harmony, qui a quitté désormais le top 10 des plus gros producteurs mondiaux d’or, a rapporté en mars des coûts de production (non AIC) de 1258 $ l’once. (…)

Toutes ces sociétés pourront tenter de baisser leurs coûts pour poursuivre leurs activités mais d’autres devront fermer à moins d’un retournement de situation. Si le cours de l’or ne repart pas rapidement à la hausse, les dégâts à long terme sur le secteur minier seront importants. »

  • rien

    Et pourquoi leurs représentants ne dénoncent-ils pas le bidouillage des cours ? Ils n’ont pas accès au merdias ?

    • or-argent.eu

      Un analyste dont je ne me souviens plus du nom s’en plaignait récemment. Il y a quand même un CEO qui avait proposé de ne plus écouler d’argent en dessous d’un certain seuil mais il n’a pas été suivi. Ils se taisent peut-être car leur société ont pas mal de dette et ont encore besoin de liquidités pour passer l’orage…

  • Voltaire de Bordeaux

    Quelqu´un pourrait-il m´expliquer, comment faisaient les compagnies miniéres losrque en 2000 l´or etait á 272 dollars l´once en 2000? elles devaient bien se porter, je presume?, pourquoi est ce que cela est dramatique maitenant. pouvez-vous me repondre?

    • or-argent.eu

      En 2000 c’était juste avant le début d’un gros bull market pour l’or, je ne suis pas sûr que le secteur minier à l’époque respirait la grande forme (même si je ne suivais pas les PM à l’époque), mais il faut prendre en compte 2 grands facteurs :

      1) L’inflation. A l’époque, le prix de l’énergie, le coût du travail, etc. n’étaient pas le même. Je pense que le baril était à 30 dollars, or aujourd’hui on fait de grands yeux quand il tombe en dessous de 50…
      2) La qualité des filons. A l’époque les gisements de qualité étaient bien plus nombreux. Aujourd’hui, le rendement à la tonne traitée a chuté, ce qui fait grimper fortement les coûts de production.