• Hier, l’or et l’argent sont enfin parvenus à stopper l’hémorragie de ces derniers jours en clôturant à la hausse après une séance relativement volatile. Le métal jaune a atteint un plus bas de 1.708 $ pour finalement clôturer à 1.734 $, non loin de son plus haut journalier. L’argent a quant à lui enregistré un mouvement similaire, mais amplifié par sa volatilité supérieure. Peu de temps après l’ouverture européenne de ce matin, l’or et l’argent sont en recul, respectivement de 0,4 et 0,2 %.
  • L’action de ce mardi est plus que probablement à remettre sur le compte de la baisse des taux obligataires US et du dollar. Le bon du Trésor sur 10 ans est désormais à environ 1,4 %. « En Asie, la hausse de 30 $ de l’or à partir du plus bas suggère que les investisseurs et les spéculateurs ont profité du creux. Ce qui a peut-être poussé des vendeurs à découvert à couvrir leurs positions short », a déclaré hier Tai Wong, trader de la banque d’investissement BMO à New York. Selon lui, la clôture à plus de 1.725 $ est considérée par de nombreux traders comme un événement pivot clé.
  • Les stimulations américaines devaient être un catalyseur positif pour l’or et l’argent. Les marchés ont-ils oublié d’intégrer à la valorisation des métaux le passage plus que probable d’un nouveau plan de stimulation de 1,9 billion, qui devrait être suivi d’un programme d’investissement dans les infrastructures d’un montant au moins similaire, selon Goldman Sachs ? Nous saurons bientôt si les investisseurs sont distraits par les remous du marché obligataire, ou s’il s’agissait d’un paramètre moins important qu’anticipé.
  • Dans une analyse de son stratégiste en chef crédit, Jim Reid, Deutsche Bank rappelle l’évidence, à savoir que les banques centrales ne peuvent tout simplement pas se permettre des taux plus élevés, vu le niveau d’endettement actuel. De ce fait, si la hausse des taux obligataires devait se poursuivre en raison de l’accélération de la croissance ou des attentes d’inflation, on peut anticiper des actions décisives des banques centrales afin de casser cette tendance.

Stewart Thomson : préparez-vous à acheter à 1.670 $, si on y arrive

Dans son dernier billet intitulé « Taux réel, or et minières », Stewart Thomson explique que l’évolution décevante du cours de l’or est principalement due à la hausse perçue des taux réels. Il utilise l’adjectif perçu car à une inflation CPI mesurée à 1,4 % pour janvier, on est très loin de la hausse des prix à laquelle sont exposés les Américains au quotidien. Il qualifie la méthodologie du CPI de « très mauvaise blague » et regrette que les gestionnaires basent leurs décisions sur ces méthodes de calcul de l’inflation qui ne sont pas représentatives de la réalité. Malheureusement, ce sont elles qui sont prises en compte par les traders lorsqu’il s’agit d’acheter ou de vendre de l’or.

Le métal jaune est passé en dessous du niveau de support des 1.767 $. Plus que jamais, il convient de garder la tête froide. Car lorsque l’or casse un support, la baisse peut être ensuite rapide. La prochaine zone d’achat est à 1.671 $. À ce niveau, Stewart Thomson passera à l’achat sur le métal ainsi que les minières.

À plus long terme, l’or est en train de dessiner une formation de type tête et épaules inversées. Plus précisément, le graphique est en train de matérialiser l’épaule droite. Sa complétion devrait prendre quelques années, selon Thomson.

La production d’argent devrait augmenter de 8,1 % cette année

Après 4 années de baisse consécutives, la production mondiale d’argent devrait progresser de 8,1 % cette année pour atteindre 918,3 millions d’onces. L’augmentation de la production devrait se poursuivre à un rythme annuel de 3,2 % jusqu’en 2024 pour dépasser le milliard d’onces, selon GlobalData.

Le Mexique, la Chine et le Pérou seront les principaux contributeurs de cette croissance. D’ici 2024, leur production conjointe devrait progresser de plus de 10 %. GlobalData précise que l’année dernière, la quantité d’argent extraite des mines a baissé de 2,4 % notamment en raison de la pandémie de coronavirus mais aussi de la baisse des réserves d’argent des sociétés minières.