Craintes concernant l’inflation… quelle inflation ?

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Après tout ce verbiage agressif des responsables de la Banque centrale américaine de la semaine dernière, on pourrait s’imaginer que l’inflation fait son retour. C’est pourtant le contraire. Car si c’est une chose de parler d’une inflation en dessous de l’objectif de 2 % de la FED, c’en est une autre de la voir flirter avec la déflation !

Les tendances de l’inflation de base à court terme sont très proches de zéro, des niveaux que nous n’avons plus vus depuis la Grande Récession et l’avènement des assouplissements quantitatifs.

Dans sa forme la plus courante, l’inflation est mesurée par son évolution en termes de pourcentage par rapport à son niveau d’il y a 12 mois, le fameux indicateur « YoY % » (glissement annuel). Mais on peut également la calculer sur des laps de temps plus courts afin de mieux jauger les tendances à court terme, notamment pour mesurer une éventuelle accélération ou décélération des tendances. Plus la période est courte, plus l’indicateur est volatile, c’est pourquoi l’inflation en glissement annuel est devenue la norme. Elle présente également l’avantage d’éliminer les effets saisonniers.

Dans les graphiques ci-dessous, nous voyons les 2 paliers supérieurs de l’indicateur de l’inflation des prix à la consommation, le déflateur de base des dépenses de consommation qui est l’indicateur préféré de la FED, et le CPI brut. On le voit sous sa forme en glissement annuel, sur six mois (annualisée) et sur trois mois (annualisée). Comparez les trois permet de mieux jauger l’accélération ou la décélération de l’inflation. Si l’inflation sur trois mois est inférieure à celle sur six mois qui est elle-même inférieure à celle de 12 mois, il y a une décélération, et vice versa. Mais au-delà de ces graphiques, les preuves pointant vers une baisse de l’inflation abondent. Les éléments principaux de ces chiffres (notamment le pétrole et l’alimentation) sont négatifs sur les trois derniers mois, la composante « prix payés » de l’ISM a fortement chuté lors de sa dernière publication le 3 juillet, la même composante de l’ISM est aussi en train de se contracter, tous les indicateurs pointent vers une inflation en baisse depuis février. Et, enfin, l’OCDE a publié un rapport le 4 juillet indiquant que l’inflation a baissé durant quatre mois consécutifs dans les économies du G20.

Malgré l’excitation de la semaine dernière concernant la perspective de voir les banques centrales mettre un terme à leurs politiques accommodantes, aucun fondamental ne justifie cet optimisme. Nous nous attendons à ce que la FED redevienne neutre après avoir affiché sa volonté de serrer la vis.

Source : Kessler Companies (spécialiste du marché obligataire américain)