Un expert du MIT affirme que les attaques au gaz en Syrie sont un coup monté

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Au lendemain des attaques au gaz en Syrie qui ont été attribuées au gouvernement syrien (sans preuve), nous affirmions qu’il s’agissait d’une attaque sous faux drapeau (sans preuve également, mais nous allons y revenir). Aujourd’hui, Theodore Postol, expert en armement du MIT qui a notamment collaboré par le passé avec l’État américain, affirme que les éléments présentés pour incriminer le gouvernement syrien non seulement ne prouvent pas sa culpabilité, mais démontrent en fait le contraire !

Cela dit, pourquoi avons-nous pris le « risque » d’affirmer qu’il s’agissait d’une attaque sous faux drapeau sans l’ombre d’une preuve ? Il suffit de suivre une méthode enfantine en deux étapes :

  1. À qui profite le crime ?
  2. Dans des événements similaires qui se sont déjà produits, qu’en fut-il vraiment ?

En ce qui concerne le point numéro 1, la Syrie et la Russie sont en train de gagner une guerre conventionnelle contre les terroristes de Daesh. Pourquoi auraient-ils eu recours à l’arme chimique, alors que ce motif est justement brandi par les Occidentaux pour justifier des interventions (parce qu’utiliser des armes chimiques est bien plus horrible que de déchiqueter des civils avec des bombes… apparemment). De plus, les États-Unis venaient d’indiquer quelques jours plus tôt qu’un changement de régime n’était plus à l’ordre du jour en Syrie. À qui profite le crime donc ? À ceux qui veulent que la guerre se poursuive, et que Daesh ne soit pas vaincu.

En ce qui concerne le point 2, comme nous l’avions déjà indiqué, la Syrie a déjà été disculpée des événements de Ghouta.

On nous rejoue la même mélodie au pipeau

Cette méthode très simple a une fois de plus prouvé son efficacité, plus rapidement qu’à l’accoutumée cependant, alors qu’un expert en armement du MIT vient de démonter le rapport de la Maison Blanche censé prouver la culpabilité du gouvernement syrien (source Yahoo) :

« Un universitaire spécialiste de l’armement affirme que l’attaque au gaz de Khan Sheikhoun en Syrie fut une mise en scène, ce qui pose la question de savoir qui est le véritable responsable.

Theodore Postol, professeur émérite du MIT, a publié une série de 3 rapports en réponse aux conclusions de la Maison Blanche qui affirment que le président syrien Bachar el-Assad a perpétré les attaques du 4 avril.

Il conclut que le rapport du gouvernement américain ne fournit aucune preuve concrète de la responsabilité d’Assad, ajoutant qu’il est bien plus probable que l’attaque a été perpétrée au sol. »

C’est notamment cette photo qui permet à cet expert, qui a collaboré avec le Département de la Défense en tant que conseiller scientifique (il ne s’agit donc pas d’un universitaire qui n’a aucune expérience de terrain), d’affirmer que l’on nous ment :

cratère en Syrie attaque au gazSelon lui, elle prouve que l’attaque a eu lieu au sol, et non via les airs comme affirmé par le storytelling du gouvernement, vu que le cratère ne présente pas les caractéristiques d’une attaque aérienne mais bien d’une explosion au sol :

« Vu que le tuyau était rempli de sarin, qui est un fluide incompressible, alors que le tuyau s’aplatissait et que le sarin poussait sur les parois et les extrémités du tuyau, cela a provoqué une fissure sur la longueur du tuyau et une ouverture à l’extrémité de celui-ci. »

L’explosif, qui se trouvait au-dessus du sarin, a creusé le cratère et provoqué l’enfoncement du tuyau dans le sol tel qu’on peut le voir sur la photo. L’analyse de Postol signifie donc que ce sont les insurgés qui ont commis l’attaque, vu qu’elle a eu lieu au sol et que Khan Sheikhoun est sous le contrôle des « rebelles ».

En 2013, Postol avait déjà suggéré qu’Assad n’était pas responsable de l’attaque au gaz de Ghouta. Sa conclusion fut corroborée plus tard par les Nations unies.

Dans ses derniers rapports, Postol a dénoncé ce qu’il appelle la politisation des rapports de renseignements. Selon lui, l’interprétation des preuves est tellement erronée qu’il ne peut s’agir que d’une volonté de tromper : « Aucun analyste compétent ne pourrait passer à côté du fait que ce que l’on nous présente comme un container avec du sarin a explosé à son sommet, et non de l’intérieur. Toutes ces erreurs dignes d’amateurs indiquent que le rapport de la Maison Blanche, comme celui de 2013, n’a pas été revu correctement par les renseignements, comme on le prétend. »