Inflation ou déflation : les arguments pour et contre

0
773
hyperinflation 2020 guide

Depuis les actions sans précédent de la FED et des autres banques centrales de mars, le débat concernant l’inflation et la déflation fait plus que jamais rage. D’un côté, nous n’avons plus connu d’inflation sérieuse depuis des décennies. De l’autre, nous avons une création monétaire gargantuesque qui doit, selon les théories économiques, générer de l’inflation. Et au beau milieu de tout cela, des tendances inflationnistes et déflationnistes qui se percutent.

Il est vraiment difficile de prédire ce qu’il en sera. Mais, au final, cela n’importe pas vraiment pour les investisseurs de l’or. Comme nous l’avons montré à maintes reprises, le métal jaune se comporte bien durant les périodes de déflation comme d’inflation. Cela dit, voici un petit récapitulatif des forces en présence. Nous laissons le soin à d’autres de prédire qui sortira gagnant de ce combat de titans.

Les forces inflationnistes

  • Création monétaire : c’est Milton Friedman qui a dit que l’inflation est avant tout un phénomène monétaire. Si les banques centrales ont créé autant de monnaie, cela doit être inflationniste. Cependant, les faits démentent cette règle jusqu’à présent. Notamment le précurseur en la matière, le Japon. Certains secteurs ont connu de l’inflation, mais les prix des biens de grande consommation restent stables.
  • Velléités de revenu universel : la théorie du revenu universel devient de plus en plus concrète. La crise du coronavirus a débouché sur l’adoption d’une sorte de revenu universel temporaire dans certains pays, comme aux États-Unis. En cas de généralisation de ce système, cela serait bien entendu inflationniste.
  • Perturbations du coronavirus : le coronavirus a engendré de nombreuses perturbations au sein des entreprises. Cette baisse de l’offre génère des pressions inflationnistes.
  • Démondialisation : si le processus de démondialisation devait se poursuivre, cela sera inflationniste. Un produit made in France ou USA est clairement plus cher que son alter ego fabriqué en Chine ou en Inde.

Les forces déflationnistes

Tendances démographiques : dans le monde développé, l’immigration permet péniblement de compenser la tendance à la dépopulation, qui est bien entendu déflationniste.

Technologie : la technologie permet de réduire les coûts. Robotisation, informatisation, intelligence artificielle…

Écologie : utiliser moins d’énergie, réduire sa consommation en produits. C’est bon pour la nature, mais c’est négatif pour la croissance. Certes, la recherche et le secteur des renouvelables créent du PIB. Mais globalement, l’écologie semble plutôt déflationniste.

Crise économique : la crise économique actuelle a réduit le pouvoir d’achat global des ménages. Ceux qui ne sont pas affectés par des pertes de revenus ou un licenciement ont tendance à moins dépenser aussi, en raison des incertitudes qui planent sur l’avenir

Création monétaire : aussi absurde que cela puisse paraître, la création monétaire a également des effets… déflationnistes. En effet, l’argent facile permet à de nombreuses entreprises non rentables de survivre et de concurrencer les autres. Ces entreprises zombies contribuent à une offre plus importante, ce qui met une pression à la baisse sur les prix.

Vélocité de la monnaie : elle ne cesse de baisser. Cela compense donc les effets de l’augmentation de la masse monétaire.

Conclusion

Prédire l’inflation ou la déflation va bien au-delà de l’examen de la masse monétaire. Des tas de paramètres entrent en jeu. Il y a des conséquences asymétriques. Autrement dit, certaines choses peuvent voir leur prix augmenter considérablement (par exemple l’immobilier, si on se base sur les 20 dernières années, ou encore les actifs), et d’autres stagner ou baisser (par exemple les téléviseurs). Bien malin est donc celui qui parviendra à prédire le dénouement de ce thriller financier.