La baisse de l’or n’est pas sans rappeler sa mauvaise passe de 2008

0
23720
Perth Mint or

Après avoir pleinement joué son rôle de valeur refuge, l’or a connu une correction importante qui l’a poussé vers les 1 560 $ l’once. Ce genre de mouvement est naturel : lorsque les marchés tanguent comme ce fut le cas la semaine dernière, l’or est touché. Pourquoi ? Tout simplement parce que les investisseurs doivent récupérer de l’argent frais pour faire face à des appels de marge et/ou des pertes sur d’autres investissements. Ils prennent leurs profits sur l’or afin de faire face à leurs obligations. C’est aussi simple que cela.

Cela explique pourquoi l’or a baissé après s’être apprécié dans les jours qui ont suivi le début de la crise de 2008. Comme l’explique cet article d’un contributeur de Bloomberg :

« En cas de panique engendrée par le coronavirus, même les valeurs refuges peuvent être peu fiables. L’or a clôturé le mois de février sur une note terne en affichant sa pire performance hebdomadaire depuis 2013 pour clôturer la semaine. Alors que les marchés financiers ont paniqué à propos de la propagation de la maladie qui ressemble à une pneumonie, les marchés actions ont vacillé, entraînant avec eux l’or et les autres métaux précieux. C’est un phénomène rare pour un métal qui a tendance à briller lorsque tout semble morose. Mais c’est aussi un phénomène bref.

En 2008, le cours spot de l’or fut en baisse pendant plus d’un trimestre entre juillet et la fin octobre. Il démarra ensuite un mouvement haussier sans précédent jusqu’à 1 900 $ l’once après le début du processus de baisse des taux. Aujourd’hui, les mêmes conditions pour une hausse sont présentes. Vendredi déjà, le président de la FED Jérôme Powell a promis d’agir de façon appropriée afin d’amortir l’impact du virus sur l’économie. Il a donc préparé le terrain pour plusieurs baisses des taux, peut-être même avant la mi-mars. On peut s’attendre à une combinaison de taux ultra bas, de marchés volatils et d’appétit pour les ETF afin d’anticiper un avenir brillant pour l’or.

Jusqu’il y a peu, l’or affichait une performance impressionnante. Il s’est presque apprécié de 25 % depuis le début de 2019 pour atteindre un plus haut de 7 ans en début de semaine dernière. Les investisseurs cherchaient à se protéger de valorisations élevées, de perspectives incertaines et des marchés actions en baisse. Les métaux précieux n’ont cessé de grimper malgré la confiance qui s’étiolait concernant les perspectives de l’économie mondiale, qui ont poussé à la baisse les métaux industriels tels que le cuivre.

Il y a peu de signes encourageants en faveur de l’économie mondiale. À commencer par les PMI chinois. Cela ne signifie pas que ce qui a eu lieu vendredi doit être un choc ou une surprise. Les investisseurs ont simplement compensé leurs pertes en vendant de l’or. Ce lundi, le métal était déjà au-dessus des 1 600 $ l’once.

On peut cependant profiter de cette baisse pour expliquer comment l’or va retrouver de sa superbe. Tout est en place pour que nous assistions à davantage qu’un simple redressement.

Tout d’abord, il est bon noter que bien avant l’émergence du problème du coronavirus en Chine, la volatilité des marchés actions avaient augmenté l’attrait de l’or. (…) Si on regarde du côté des ETF or, qui ont de plus en plus de poids sur le comportement de l’or, on constate qu’ils ont à peine réagi vendredi.

Les banques centrales sont, en bout de course, le facteur principal qui déterminera de combien et à quelle vitesse l’or grimpera. Quand vont-elles recourir à des politiques accommodantes pour combattre l’impact économique du coronavirus, qui a paralysé des régions entières en Chine, des chaînes logistiques et qui se propage désormais au-delà de l’Asie ?

L’or n’offre pas de rendement, il a donc tendance à être moins attractif lorsque les taux obligataires sont élevés. Il est donc plus attrayant lorsque le loyer de l’argent baisse. Le montant total des obligations qui offrent un rendement négatif est de nouveau supérieur à 14 trillions de dollars. Même certaines obligations américaines semblent se diriger vers des taux inférieurs à zéro.

Il est vrai que l’or a tendance à mieux se comporter après une crise financière qu’un autre désastre, par exemple une guerre. Cela dit, Powell et cie se préparent à déployer leurs outils monétaires pour combattre la crise. Le rythme de propagation du COVID-19 est donc un facteur déterminant de la vitesse et de l’ampleur de la hausse de l’or.

Celle-ci ne devrait pas être linéaire, de nouveaux appels de marge pourraient à nouveau l’impacter. Mais ce ne sera que temporaire. »