La BCE ne voit plus l’intérêt de coordonner les ventes d’or des banques centrales

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coffres d'or de la russie

Les nombreuses informations qui suggèrent qu’un changement de sentiment est en train de s’opérer sur le marché de l’or s’accumulent. Aujourd’hui, nous apprenons que la BCE a signalé que l’accord, en place depuis 20 ans, concernant la coordination des ventes d’or des différentes banques centrales européennes n’a plus de raison d’être.

Le communiqué de presse de la BCE concernant les ventes d’or des banques centrales

Voici le communiqué de presse qui a été publié par la BCE, et qui a notamment été relayé sur le site de la Banque de France (source) :

Les banques centrales concluent qu’il ne sera pas nécessaire d’adopter un nouvel accord formel sur les avoirs en or :

  • Selon les signataires du quatrième Accord sur les avoirs en or des banques centrales, il ne sera pas nécessaire d’adopter un nouvel accord formel dans la mesure où le marché s’est développé et dispose d’une maturité suffisante ;
  • Les banques centrales signataires confirment que l’or reste un élément important des réserves monétaires mondiales et aucune d’elles n’a actuellement l’intention de procéder à la vente d’importantes quantités d’or.

La Banque centrale européenne (BCE) et 21 autres banques centrales signataires de l’Accord sur les avoirs en or des banques centrales (Central Bank Gold Agreement, CBGA) ont décidé de ne pas renouveler l’Accord à son expiration, en septembre 2019.

Le premier Accord sur les avoirs en or des banques centrales a été signé en 1999, afin de coordonner les ventes d’or planifiées par les différentes banques centrales. Lors de son introduction, l’Accord a contribué à l’équilibre des conditions du marché de l’or en rendant transparentes les intentions des signataires. Il a été renouvelé trois fois, en 2004, 2009 et 2014, évoluant progressivement vers des modalités moins strictes.

Le développement du marché mondial de l’or s’est appuyé depuis 1999 sur l’évolution de ses structures, de sa liquidité et de la base de ses investisseurs. Le prix de l’or a été multiplié par cinq environ sur cette période. Les signataires n’ont pas vendu de volumes d’or importants depuis près de dix ans et les banques centrales et d’autres institutions officielles en général sont devenues des acheteurs nets d’or.

Les institutions signataires confirment que l’or reste un élément important des réserves monétaires mondiales, dans la mesure où il continue d’offrir des avantages en matière de diversification des actifs, et qu’aucune d’elles n’a actuellement l’intention de procéder à la vente d’importantes quantités d’or. »

Pourquoi une telle décision, et pourquoi maintenant ?

La décision de ne pas renouveler cet accord montre à quel point le sentiment concernant le métal jaune a changé dans le monde des banques centrales. À vrai dire, même les banques centrales européennes sont des acheteuses nettes depuis la crise financière de 2008. La période précédente, qui fut marquée par des ventes substantielles de la relique barbare, est clairement révolue. La Pologne et la Hongrie ont notamment fait des acquisitions de lingots importantes.

L’or est tellement inutile que tout le monde veut au minimum garder le sien, voire en acheter. Selon BullionStar, il pourrait s’agir d’une nouvelle hautement significative. Car outre cet accord officiel, il pourrait très bien qu’un accord officieux ait été conclu entre les banques centrales, à savoir celui de ne pas acheter de l’or. Celui-ci pourrait donc également tomber. Nous aurons bientôt la réponse si nous voyons des banques centrales de l’Europe de l’Ouest se mettre à acheter de l’or.

L’or reste vigoureux en cet été 2019

Malgré l’été, l’or reste vigoureux. Il est bien parti pour enregistrer un 3e mois consécutif de hausse. Il reste à son plus haut de 6 ans alors que les investisseurs retiennent leur souffle dans l’attente de la réunion cruciale de la FED d’aujourd’hui, qui pourrait consacrer une baisse du taux directeur américain.

Mais peu importe la décision, l’or devrait grimper de toute façon, d’après 2 traders expérimentés qui ont été interviewés par CNBC. Que la FED plie aux attentes du marché en baissant sont directeurs ou qu’elle plaide la patience, « je pense que l’or grimpera, peu importe le scénario », a déclaré Anthony Grisanti, fondateur et président de GRZ Energy.

Selon lui, les hedge funds se sont déjà positionnés massivement sur les contrats à terme or : « Les hedge funds ont déjà acheté environ 60.000 contrats durant les 5 dernières semaines, ils sont donc en train de se positionner long de façon agressive, a-t-il déclaré. Si la FED ne devait pas bouger mercredi, ce qui est mon scénario, on devrait avoir une chute de la Bourse, et peut-être que les investisseurs vont se tourner vers l’or à la recherche d’une valeur refuge. »

Alors que la situation semble de plus en plus favorable au métal jaune, Scott Nations, le président de NationsShare connu pour être un bear de l’or, doit admettre sa défaite.

« Les gens qui me suivent vont probablement ne pas en croire leurs oreilles, mais je suis acheteur du contrat de décembre à 1440 $. Mon objectif de vente et à 1475 $, tandis que mon stop est à 1420 $ », a-t-il déclaré. Quel est son raisonnement ? « Je pense que la FED va baisser les taux. Mais, plus important encore, les taux en Europe sont déjà incroyablement bas, si bien que des obligations d’entreprise affichent des taux négatifs. Quelle est la conséquence de tout ceci ? Cela signifie que la pénalité financière qui découle des frais de stockage de l’or disparaît. Et je pense que tant que les taux européens baissent, l’or peut composer avec la vigueur du dollar. »