Le dilemme de Draghi : l’inflation en zone euro atteint les 2 % alors que l’Italie dépend du QE de la BCE

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Mario Draghi

Aujourd’hui, l’inflation en zone euro a atteint les 2 %, ce qui fait hurler les Allemands. Pourtant, le président de la BCE, Mario Draghi, a promis de poursuivre ses achats obligataires dans le cadre de son QE. Or les émissions obligataires de l’Italie n’ont pas vraiment d’autres acheteurs que la Banque centrale européenne.

(…)

La reprise de l’inflation voudrait que la BCE relève son taux directeur et qu’elle mette un terme à son QE (ou, à défaut, réduire sa portée). (…) En attendant, des dissidents au sein de la BCE se manifestent. Le mois dernier, Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, s’est interrogé : « Combien de temps encore pouvons-nous évoquer des taux encore plus bas en tant qu’option de politique monétaire ? En vertu de l’importance de la crédibilité d’une banque centrale, il ne devrait pas y avoir de délai dans l’exécution des ajustements graduels nécessaires à notre communication. »

Alors, que va faire Draghi ?

En bref : rien.

Plus précisément, Draghi va probablement dire, par exemple, que la croissance des salaires est faible, que les prix de l’énergie sont transitoires, et que la BCE va plutôt se pencher sur l’index harmonisé des prix à la consommation (qui correspond grosso modo au CPI américain). Donc Draghi ne relèvera pas les taux, et il ne réduira probablement pas ses achats obligataires dans un futur proche.

L’Italie dépend de la BCE

L’Italie dépend de la BCE, il lui faut un acheteur pour ses obligations. Les obligations italiennes à 10 ans sont à 2,138 %, les allemandes à 0,324 %. L’écart entre les deux est donc de 181 points de base, soit 1,81 %.

S’il n’y avait pas de risque de défaut, les taux italiens et allemands seraient identiques. Le taux italien supérieur n’est pas anodin. Et si la BCE arrête d’acheter des obligations italiennes, l’écart se creusera de façon dramatique.

Article de Mike Sheldock, publié le 2 mars 2017 sur son blog