Vous souvenez-vous de la crise de liquidité de mars 2020 ? Bien que l’or ait fini par chuter moins que les autres actifs principaux, il ne fut pas à l’abri des conséquences des soucis de liquidités de l’époque. Une fois les préoccupations du marché apaisées, l’or a fortement rebondi avec d’autres actifs tangibles, comme l’argent et la plupart des matières premières. Cela montre que les investisseurs ont vendu leur or parce qu’ils le devaient et non parce qu’ils le voulaient.

Récemment, l’or est tombé en dessous de son niveau de support clé des 1.765 $, soit le plus bas du quatrième trimestre 2020. Comme on le voit ci-dessous, l’or se rapproche des niveaux qui étaient en vigueur avant la pandémie, c’est-à-dire à environ 1.700 $ l’once.

gold chart

C’est exactement ce dont sont faits les problèmes de liquidité. Ils engendrent la vente forcée d’actifs très liquides pour renforcer les marges de sécurité de trésorerie. Et même pour faire face aux appels de marge. Bien que les marchés ne traversent pas des turbulences extrêmes en ce moment, l’or envoie un message : les problèmes de liquidité sont de retour.

Il est important de ne pas oublier que le système financier est plus que jamais leveragé. La dette sur marge est à des niveaux records, ce qui amplifie les problèmes de liquidité lorsqu’ils surviennent. Dans ce contexte de formidable effet de levier sur les actifs financiers, on peut s’attendre à une exacerbation des hauts et des bas du marché.

Pourquoi des soucis de liquidité maintenant ?

Les taux des bons du Trésor américain ont fortement augmenté ces derniers temps, en raison des anticipations d’inflation plus élevées et de dépenses publiques soutenues. Ce n’était qu’une question de temps avant que la forte hausse des rendements ne crée ces problèmes de liquidité, étant donné le niveau d’endettement élevé du système économique mondial.

Par conséquent, il est crucial pour les investisseurs de surveiller de près le rendement du bon du Trésor américain sur 10 ans et l’or. Une grande opportunité d’achat se présente dans le secteur des métaux précieux lorsqu’on comprend que les banques centrales ne permettront pas aux rendements d’augmenter indéfiniment. Les métaux précieux physiques et les actions minières se trouvent à des prix très attractifs compte tenu du contexte macroéconomique.

Le rendement du bon du Trésor sur 10 ans se situe autour de 1,5 % suite à cette liquidation continue du marché obligataire. Notez, dans le graphique ci-dessous, comment le niveau des 1,5 % est un niveau de résistance du canal haussier en cours :

10year yield

La FED sera pressée d’agir

Il est possible que le 10 ans ait naturellement déjà atteint un pic. Mais nous ne pouvons pas en être sûrs. Si ce n’est pas le cas, la FED sera sous pression, lors de sa prochaine réunion, pour intervenir. De nombreux économistes, dont Danielle DiMartino Booth de Quill Intelligence, suggèrent que la FED pourrait être forcée de focaliser les achats de son QE sur les taux longs afin d’enrayer leur hausse.

N’oubliez pas que la FED et les autres banques centrales mondiales doivent maintenir les taux d’intérêt réels négatifs, sans quoi le coût du refinancement des dettes publiques et du secteur privé deviendra un fardeau trop lourd à porter. Leur objectif est de résorber la dette grâce à l’inflation, ce qui nécessite des niveaux d’inflation plus élevés que les taux longs. Sans taux réels négatifs, il est impossible de maintenir l’économie financière dans un mode d’expansion constante.

Actuellement, le QE de la FED se concentre sur les taux courts. Si, effectivement, le comité de la FED décide d’acheter des titres à plus longue échéance, il mettra de facto en place le concept de contrôle de la courbe des taux. Cela rapprocherait le système financier américain d’une « japonisation » totale.

Métaux précieux : une opportunité

Que le plus haut de l’obligation américaine sur 10 ans soit atteint naturellement, ou qu’il soit fixé par une intervention de la FED, l’opportunité offerte par les métaux précieux n’est pas à négliger.

Alors que les banques centrales poussent les taux réels en territoire négatif, l’argumentaire en faveur de l’or, en tant que protection contre l’inflation et valeur refuge, ne fait que se renforcer à long terme.

Les investisseurs dans les métaux précieux qui ont de la puissance de feu en réserve devraient saluer cette opportunité d’accumuler à des prix équivalents à ceux d’avant la pandémie, soit avant même les interventions gouvernementales massives de 2020.

Warren Buffett l’a répété à maintes reprises : ayez peur lorsque les autres sont cupides, et cupides lorsque les autres ont peur. Quel meilleur moment pourrait-il y avoir pour accumuler des métaux précieux que lorsque d’autres se retrouvent dans l’obligation de vendre ?

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