Or : le club à 7 trillions auquel même Goldman Sachs n’a pas accès

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Le London Precious Metals Clearing Limited (LPMCL) est l’un des clubs les plus exclusifs du monde. Il gère annuellement pour presque 7 trillions de dollars d’échanges en or. D’après un rapport de Reuters, ce club va se réformer pour faciliter l’acceptation de nouveaux membres.

Il est en train de se restructurer afin de promouvoir la transparence après toutes les accusations qui ont été lancées concernant la manipulation du prix de l’or, d’après Reuters.

Ce chiffre de 7 trillions de dollars est presque égal à la valeur annuelle de toutes les transactions qui ont lieu sur le marché de l’or de Londres. 5 banques seulement font partie de ce club fermé : HSBC, JP Morgan, Scotiabank, UBS et ICBC Standard, le dernier membre en date, qui a rejoint le club en 2016.

Goldman Sachs aurait tenté d’en devenir membre pour voir sa candidature être refusée, selon des sources du LPMCL citées par Reuters. Goldman Sachs n’a pas souhaité commenter l’information.

Les conditions d’entrée étaient très strictes ; sa restructuration devrait faciliter l’accès de nouveaux membres, ainsi qu’ouvrir à la concurrence le marché de l’or de Londres.

Il aura cependant fallu beaucoup de temps pour y parvenir. D’après Reuters, des consultants indépendants ont découvert il y a 3 ans que le LPMCL était loin de satisfaire en termes de transparence et de bonne gouvernance.

Les nouvelles règles prévoient 2 niveaux d’adhésion à ce club exclusif. Le premier serait réservé aux actionnaires qui détiennent des titres de l’organisation, le second niveau serait réservé aux autres qui devraient en échange payer des frais d’adhésion.

Quel est le but ? Éviter les procès antitrust, d’après les sources interrogées par Reuters. En effet, ce club a un gros problème de réputation. UBS AG, l’un des membres du club, a participé à un complot visant à manipuler le cours des métaux précieux sur les Bourses des matières premières en s’adonnant à une pratique illégale, le spoofing, entre 2008 et 2013, d’après le verdict de la CFTC rendue le 29 janvier de cette année. Mais le club londonien n’est pas le seul dans la ligne de mire.

En mars 2014, une plainte a été déposée contre un groupe de banques internationales, les accusant de conspirer pour manipuler le prix de référence. Parmi les banques accusées : Société Générale SA, Deutsche Bank AG, Barclays Plc, Bank of Nova Scotia et HSBC Holdings Plc.

En 2016, une année après le départ du club de Deutsche Bank, la banque allemande a décidé d’accepter le paiement d’une amende après avoir été accusée de conspirer pour manipuler les cours de l’or et de l’argent. Barclays l’a quitté en 2016, d’après Reuters, pour ensuite mettre un terme à ses activités sur le marché de l’or à Londres.

En bref, en raison de l’attention dirigée sur les marchés des métaux précieux et des pressions des régulateurs, accéder à ce club est moins attractif qu’auparavant.

Le mois dernier, Scotiabank a indiqué se préparer à restructurer et à réduire la taille de la voilure de sa division métaux précieux, ce qui signifie qu’elle pourrait revoir son adhésion au club, d’après Reuters.

Article de Charles Benavidez, publié sur SafeHaven.com