Stewart Thomson : l’or fait chauffer son moteur

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pièces d'or

Le double plus bas est la formation technique la plus stressante. Elle a lieu après un déclin significatif du cours. Le premier plus bas crée une panique et une peur substantielles auprès des investisseurs. Le second plus bas est moins prononcé que le premier, mais il n’est pas moins dangereux en raison de la vulnérabilité émotionnelle des investisseurs.

Les volumes sont généralement bas, tandis que l’évolution des cours fait penser aux investisseurs qu’ils se trouvent dans une sorte de goulag financier. Ensuite, les rayons du soleil percent les nuages pour amorcer une hausse spectaculaire ! À ce propos, voyez le graphique ci-dessous :

or décembre 2018
Il ne faut jamais confondre fondamentaux et flux de liquidités à long terme avec ceux à court ou à moyen terme. Sur le long terme, l’élément qui pèsera le plus sur le prix de l’or est « l’effet de richesse » en Inde et en Chine. Tout ce qui compte, c’est l’augmentation du pouvoir d’achat des Chinois et des Indiens qui leur permettra d’acheter davantage de métal jaune.

En Occident, l’inflation est le facteur qui pèse le plus. À ce propos, les États-Unis sont en train d’entrer dans un cycle inflationniste massif qui devrait se poursuivre pendant 15 à 20 ans.

Tandis que les Chinois et les Indiens respectent l’or en tant que classe d’actif, les amateurs occidentaux de métal jaune n’auront plus à se cacher, car tôt ou tard, on pourra facilement s’en procurer, par exemple du côté d’Amazon. Ce sera comme commander un café chez Starbucks, mais ce sera bien plus profitable.

En bref, l’amour de l’or dans 2 pays qui représentent 3 milliards d’habitants en combinaison avec le retour de l’attrait de l’or en tant qu’actifs anti-inflation auprès de 500 millions d’Occidentaux va bientôt permettre à l’or de briller à nouveau, ainsi que lui conférer le statut d’actif ultime. (…)

Certains poids lourds de la gestion financière pensent qu’une surprise inflationniste attend les États-Unis. Elle pourrait se matérialiser dès la fin de cette semaine avec les chiffres du chômage américain. (…) Je ne sais pas si cela va se matérialiser, mais cela serait un énorme vent favorable pour l’argent. (…)

À court terme, je pourrais shorter le GDX, mais cela n’enlève en rien mon optimisme à long terme pour les métaux précieux. (…)

Jay Powell a dû céder concernant la hausse des taux, tout comme Donald Trump avec ses droits de douane, sinon les marchés actions se seraient liquéfiés. Lorsque Trump a plié après Powell, cela a propulsé les marchés actions à la hausse. Je pense que les gens gaspillent trop de temps à tenter de prédire le plus haut des marchés. Nous sommes simplement plus loin dans le cycle économique que nous l’étions il y a un an, et plus le temps passe, plus ce sera vrai. En bref, nous allons assister à des mouvements bien pires que ceux que nous avons connus durant ce marché haussier. C’est ce qui est en train de se passer alors que les bénéfices stagnent et que l’inflation augmente dans un contexte de culte de la dette.

Que ce soit via l’obsession maniaque de l’endettement du gouvernement américain, l’extorsion des citoyens via l’impôt sur le revenu et les plus-values, l’émergence de l’inflation des salaires, l’effet négatif du resserrement quantitatif sur les rachats d’actions, où l’inversement de la courbe des des rendements, peu importe : tout ceci a lieu en fin de cycle économique. La volatilité devrait exploser en 2019 alors que ces forces s’intensifient de concert.

Les porteurs d’actions ne devraient pas gaspiller de temps à tenter de prédire l’avenir. Il n’y a qu’une chose à faire d’un point de vue tactique pour les investisseurs à long terme : réduire leur exposition.

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