Au tour de la banque d’Angleterre d’afficher un ton agressif

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Banque d'Angleterre

Jeudi dernier, les marchés ont été surpris par le ton agressif de la Banque d’Angleterre. Si celle-ci n’a pas touché à son taux directeur, 3 des 9 membres de son comité de politique monétaire, dont son influent économiste en chef Andrew Haldane, considéré comme une colombe, ont voté afin de relever le taux directeur à 0,75 %. En opposition donc avec la majorité qui souhaitait le statu quo à 0,5 %.

Ce désaccord, surtout de la part de Haldane, a téléphoné au marché qu’une hausse du taux directeur à l’occasion de la prochaine réunion du mois d’août est probable. La livre sterling, qui s’était fait massacrer, a fortement rebondi.

En revanche, on a moins parlé de l’annonce du démantèlement de l’assouplissement quantitatif de la BoE. À l’instar des autres banques centrales, la Banque d’Angleterre s’est engagée dans un QE massif. Son bilan pèse pour 435 milliards de dollars d’obligations britanniques et 10 milliards d’obligations d’entreprises locales qui ont été acquises durant les secousses du Brexit.

Mais avant de réduire la taille de son bilan, la BoE souhaite cependant relever suffisamment son taux directeur afin de pouvoir le baisser en cas de nécessité.

De ce point de vue, elle rejoint la FED. La FED a commencé à détricoter son QE en octobre 2017 après avoir relevé son taux directeur à 4 reprises.

Précédemment, la Banque d’Angleterre avait indiqué qu’elle débuterait cette opération lorsque son taux de référence se situe autour des 2 %. (…) À l’époque, tout le monde pensait que ce serait impossible et que ce démantèlement n’aurait donc jamais lieu.

Aujourd’hui, la BoE a changé son fusil d’épaule en annonçant que cela aurait lieu lorsque le taux directeur se situe autour de 1,5 %. (…) La FED agit, les autres banques centrales l’imitent : on peut résumer la situation ainsi.

Cela dit, il y a un souci d’inflation en Grande-Bretagne. Depuis février 2017, elle est au-dessus de l’objectif de 2 %. Elle a même été jusqu’à atteindre 3 %, voire plus durant 5 mois d’affilée à la fin de l’année dernière et au début de cette année. Cela a vraiment fait du tort au pouvoir d’achat des ménages ainsi qu’au taux d’épargne.

Cela a été toléré par la Banque d’Angleterre en raison du Brexit. Mais, depuis peu, cela la rend nerveuse. Il est temps de faire quelque chose. (…)

La BoE devient ainsi la seconde banque centrale majeure à programmer le démantèlement de son QE. La BCE est toujours engagée dans un tel programme, mais a commencé à le réduire. Elle devrait même y mettre un terme en décembre pour ensuite démarrer son processus de relèvement des taux. Néanmoins, le détricotage du QE européen ne sera pas au programme avant la fin du mandat de Draghi, en octobre 2019.

Source : article de Wolf Richter, publié le 21 juin 2018 sur WolfStreet.com