Ce lundi, l’or et l’argent ont enfin mis un terme à une série de 6 séances d’affilée dans le rouge en clôturant quelque peu à la hausse. L’or a progressé d’un peu plus de 1 % pour clôturer à 1.783 $, tandis que l’argent a fini la journée à 25,95 $. À l’approche de l’ouverture des marchés européens, les métaux précieux sont stables.

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver une explication à ce rebond : il est tout simplement technique. Que nous réserve l’été ? D’après le MKS PAMP GROUP, on pourrait à nouveau connaître un été mouvementé à la hausse.

Chiffres américains, FED, dollar et taux vont pousser l’or à la hausse durant l’été

Après avoir enregistré sa plus mauvaise performance hebdomadaire en 15 mois, le pire pour l’or pourrait être derrière nous, selon Nicky Shiels, responsable de la stratégie des métaux de MKS PAMP GROUP. Le métal jaune a perdu environ 100 $ la semaine dernière alors que les marchés digéraient une posture étonnamment agressive de la Réserve fédérale, qui inclut des attentes d’inflation plus élevées et 2 nouvelles hausses de taux possibles dès 2023.

« Vu la réévaluation exagérée et cruciale des métaux, des devises mondiales et des taux cette semaine suite à la posture agressive de la FED, il est important de définir notre point de vue concernant toute une série de classes d’actifs et les métaux précieux alors que nous nous dirigeons vers l’été », a écrit Shiels dans un rapport.

La plupart des ventes d’or sont probablement terminées, mais le métal précieux restera sensible à toute nouvelle donnée macroéconomique, en particulier concernant l’emploi et l’inflation, ainsi qu’à tout nouveau discours de la FED, à la performance du dollar américain et aux rendements du Trésor américain, a déclaré Shiels.

« Le plus bas de l’or n’est pas loin, car les ventes d’or sont largement derrière nous. Restez vigilant/neutre, étant donné que les prix sont désormais plus sensibles aux variations des données américaines à l’approche de Jackson Hole, aux déclarations de la FED et aux rendements réels et au dollar », a souligné Shiels.

« Après l’annonce de la FED de la semaine dernière, l’or a commencé à jouer la défense. De nombreux obstacles pèsent désormais sur la reprise, notamment les perspectives d’un dollar américain plus élevé, des données meilleures que prévu, des rendements réels plus élevés, un renversement de tendance sur les matières premières et les flux sur les marchés actions », a-t-elle ajouté.

« Des chiffres américains solides déclencheront probablement de grosses corrections plutôt que de favoriser les positionnements qui misent sur l’inflation (l’or se portera bien, mais ne surperformera pas) », a écrit Shiels.

Les investisseurs restent sous exposés à l’or

Cependant, le fait que l’or ait déjà perdu plus de 7 % depuis le pic de la semaine dernière joue en sa faveur, ce qui signifie que le positionnement technique actuel semble plus favorable.

« Les investisseurs ne sont pas positionnés aussi lourdement aujourd’hui que durant les précédents pics de l’or (2011, 2013), et surtout par rapport à la quantité de liquidités/d’argent qui circule, a noté Shiels. En outre, 200 milliards de dollars ont été investis dans l’or (durée connue de l’ETF + COT), ce qui ne représente qu’environ 0,53 % des portefeuilles d’actions (sur la base des actifs sous gestion), soit la moitié/un tiers des niveaux observés en 2011 et 2013. »

Parmi les autres facteurs positifs pour l’or, citons les politiques de dédollarisation de nombreuses banques centrales du monde entier, qui pourraient exercer une certaine pression sur le dollar américain, améliorer la demande d’or en Asie et la reprise de la croissance en Europe, a déclaré Shiels.

Il faut tout de même suivre de près les discussions de la FED concernant la réduction future de son QE.

« Alors que le scénario est maintenant que la FED s’engagera à réduire bientôt son QE et ne sera pas en retard sur la courbe d’inflation, il deviendra beaucoup plus incertain si les autres projets de stimulations (soit le projet de loi sur les infrastructures) ne passent pas. Les démocrates ont tout intérêt (étant donné la sagesse conventionnelle et l’histoire indiquant des pertes électorales pour les présidents nouvellement élus) à maintenir la surperformance économique de 2021 jusqu’à mi-parcours en 2022. D’un autre côté, tout désengagement de la FED face à la fin des stimulations pourrait déclencher un taper tantrum similaire à celui de 2013 », a précisé Shiels.