La dette américaine va-t-elle faire grimper le cours de l’or ?

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lingots d'or pur

Après avoir grimpé de concert jusqu’en 2012, la dette accumulée par le gouvernement américain et le prix de l’or au COMEX ont affiché d’énormes divergences durant ces 5 dernières années. Quand cette corrélation va-t-elle réapparaître, si cela devait se produire ?

Après avoir baissé simultanément durant la fin des années 90, le cours de l’or et le montant total de la dette américaine ont recommencé à évoluer à la hausse ensemble jusqu’en 2002. Avec l’assistance de Nick Laird de GoldChartsRUs, nous avons mis en exergue cette relation dans le graphique ci-dessous :

Si vous vous souvenez, comme le montre le graphique ci-dessus, l’effondrement économique de la grande crise financière de 2008 ainsi que les efforts militaires américains ont provoqué une explosion de la dette, qui est passée de 6 à 15 trillions de dollars entre 2003 et 2012. Que s’est-il passé en ce qui concerne le cours de l’or durant cette même période ? Il a bondi de 400 à 1800 $ l’once.

Cependant, quelque chose d’amusant (pas vraiment, à vrai dire) s’est passé à la fin de l’année 2012. Le prix de l’or s’est mis à baisser constamment, et ce malgré le QE 3 d’un trillion de dollars de la FED entre la fin 2012 et le début de l’année 2014, un événement couplé avec la poursuite du creusement de la dette américaine de 15 à 20 trillions de dollars.

Bien sûr, on peut débattre du pourquoi et du comment, mais là n’est pas le sujet de cet article. Contentons-nous d’observer plus en détail ce graphique mettant en exergue la dette américaine et le cours de l’or.

On pourrait dire qu’avec la crise financière de 2008, l’or s’est mis à évoluer indépendamment de la dette. Le prix du métal jaune a grimpé en suivant l’augmentation de la dette américaine en 2009, mais en 2011 il progressait bien plus vite que la hausse de la dette, au-delà de la tendance à laquelle nous étions habitués. Dans la correction qui a suivi, on peut voir que le plongeon en dessous de la tendance correspond plus ou moins au bond qui avait brisé la corrélation. Penchez-vous sur le graphique ci-dessous, qui met en exergue cette observation.

Sur base de cette corrélation, on peut dire en bref qu’en 2011 le prix de l’or était surévalué, mais qu’aujourd’hui il est sous-évalué.

Cela dit, la question est de savoir ce qui va advenir du cours de l’or. Dans les mois à venir, le prix va-t-il rejoindre la courbe montante de la dette américaine ? Si le retour de cette corrélation devait se matérialiser, cela signifie que l’or serait à environ 1800 ou 1900 $ l’once dans les mois à venir. Pourrait-on assister à un mouvement similaire à celui de 2011, lorsque la corrélation avait été brisée à la hausse ? Une nouvelle crise financière est susceptible de déboucher sur un tel scénario, dans ce cas le métal jaune pourrait atteindre environ 2500 $ l’once.

Il est acquis que la dette américaine n’est pas prête de baisser de sitôt. Il y a 2 semaines, le président Trump a dévoilé sa proposition de budget, qui implique des déficits annuels d’un trillion jusqu’en 2022, soit une augmentation de la dette qui atteindrait au minimum 25 trillions de dollars à cette échéance.

Ajoutez ces 5 trillions au second graphique et vous pouvez vous représenter mentalement à combien le métal précieux pourrait être en 2022 si les trajectoires devaient à nouveau coïncider. Vous pouvez également deviner le prix en cas de hausse massive comme en 2011.

Quel est le but de cet article ? Il est vrai que de nombreux investisseurs dans l’or sont devenus de plus en plus impatients et frustrés durant ces 5 dernières années. Cependant, la situation fiscale des États-Unis n’a fait que s’empirer. Et vu les déficits qui se préparent, elle ne pourra que se détériorer dans les années à venir.

Oui, le prix de l’or au COMEX est en baisse de 30 % par rapport à son pic de 2011. Mais sur les 15 dernières années, il est toujours en hausse de 400 %. En tant qu’assurance pour vous protéger des folies monétaires d’un système basé sur l’argent papier et la dette, l’or a très bien performé, même avec la correction que nous avons connue. Lorsque l’optimisme s’inversera en même temps que les prix, comme en 2010-2011, tout le monde voudra prendre la vague. 2018 n’est donc pas une année propice à la capitulation. Il s’agit au contraire d’une période idéale pour reconnaître les réalités économiques engendrées par l’échec de l’expérience keynésienne et se préparer en conséquence.

Source : article de Craig Hemke, publié le 27 février 2018 sur GoldSeek.com