La Grèce toujours dans une impasse malgré son retour sur le marché obligataire

0
871

Tandis que la Grèce vient de faire son grand retour sur les marchés financiers après trois ans d’absence, la presse nous gratifie encore de perspectives optimistes. « La Grèce retourne sur le marché obligataire alors qu’Athènes entrevoit le bout du tunnel de l’austérité » (Guardian), « La Grèce souhaite tourner la page après des années de soucis économiques » (NY Times), etc., etc. Pourtant, la situation du pays ne cesse de se détériorer, comme le montre cet article de The Sounding Line :

« Nous avons évoqué à de nombreuses reprises l’aggravation de la crise de la dette grecque. En résumé, elle a commencé en 2010 avec une dette nationale de 329 milliards d’euros. Après plus de 435 milliards d’euros de plans de sauvetage, de restructuration de la dette et de nouveaux prêts de l’Union européenne et du FMI, la dette grecque est aujourd’hui de 350 milliards. Simultanément, son PIB s’est effondré de 45 %. Malgré qu’elle ait disparu des radars des médias (note : l’article date de mai), la réalité est que le peuple grec continue de souffrir. Le revenu disponible des ménages a chuté de 24 % depuis 2009 tandis que le salaire horaire moyen a baissé de près de 14 %. Rien de tout cela n’évoque une reprise.

Sans surprise, les rentrées fiscales grecques par habitant ont chuté de presque 36 % depuis 2008.

Comment la Grèce pourrait-elle rembourser une dette qui s’alourdit sans cesse avec une économie sur le déclin et des rentrées fiscales qui ne cessent de baisser ? La réponse est claire : c’est impossible. Comme nous l’avons dit à de maintes reprises, d’une façon ou d’une autre la Grèce fera défaut. Cela pourrait se faire via le reprofilage de la dette, l’effacement de celle-ci ou l’introduction d’une nouvelle devise. Les obligations grecques à 10 ans, dont le taux est de 6,7 % au moment d’écrire ces lignes, sont l’un des miracles de notre finance moderne. »