Le FMI avertit que le crédit à la consommation visant à doper la croissance alimente les risques de crise

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Le FMI avertit les gouvernements qui comptent sur le crédit à la consommation pour doper la croissance : cette stratégie alimente le risque d’un nouvel effondrement financier majeur.

Dans un rapport publié une semaine avant la réunion annuelle du FMI à Washington, le fonds affirme que l’analyse des dépenses des consommateurs et du niveau d’endettement des ménages montre que le crédit à la consommation profite à l’économie pendant 2 ou 3 ans, lorsque les ménages augmentent leurs dépenses, mais s’ensuit alors un niveau de risque plus élevé.

Lorsque la croissance dépend de l’endettement des ménages, un krach financier survient souvent dans les 2 à 3 ans qui suivent, a écrit le FMI dans son rapport annuel sur le système financier mondial.

Cette étude s’inscrit dans la foulée de plusieurs avertissements lancés à propos de l’augmentation de l’endettement des ménages au Royaume-Uni, par le régulateur financier ainsi que des associations spécialisées.

Dans un article de blog publié par l’un des auteurs, Nico Valckx, on peut lire : « La dette permet de lubrifier les rouages de l’économie. Elle permet aux individus de faire aujourd’hui de gros investissements, comme l’achat d’une maison ou des études, en mettant en garantie une partie de leurs revenus futurs. En théorie, ce n’est pas un souci. Mais comme la crise financière mondiale l’a montré, l’augmentation rapide de l’endettement des ménages, surtout au niveau des crédits hypothécaires, peut être dangereuse. »

Il a ajouté : « Une augmentation de la dette est associée avec un taux de chômage significativement à la hausse dans un délai de 4 ans. L’augmentation de l’endettement de 1 % augmente les risques d’une crise bancaire de 1 %. C’est significatif, vu que les chances de crise sont déjà de 3,5 %, sans modification de l’endettement. » (…)

La banque d’Angleterre, le régulateur du secteur bancaire, a déclaré le mois dernier que les banques du royaume pourraient subir des pertes de 30 milliards de livres sterling sur leur portefeuille de crédits et de cartes de crédit en cas de hausse importante du taux de chômage et des taux d’intérêt.

L’association Stepchallenge a averti que 6,5 millions de Britanniques ont eu recours au crédit pour acheter des produits de première nécessité comme de la nourriture depuis ces changements de tendance. Les élus britanniques ont appelé à la création d’une commission indépendante pour examiner les effets de l’augmentation de l’endettement des ménages en Grande-Bretagne… (…)

Valckx affirme que les nations fortement endettées peuvent réduire le risque en introduisant des limites contraignantes sur les niveaux d’emprunt et des règles plus strictes pour le secteur bancaire.

« Les pays peuvent prendre des mesures pour réduire le risque, par exemple augmenter l’apport personnel nécessaire pour l’achat d’un bien immobilier, ou le pourcentage maximum des revenus de ménages qui peuvent être alloués au remboursement de crédits », a-t-il écrit. (…)

Source : article du Guardian du 3 octobre 2017