Le patron de la bourse de Tokyo fustige les achats massifs de la BoJ

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drapeau modifié du Japon

Lorsque le patron de la bourse la plus importante d’un pays prévient que la banque centrale achète trop d’actifs, c’est qu’il y a un problème. Le PDG du Japan Exchange Group Inc., Akira Kiyota, est devenu l’un des derniers membres de l’establishment financier japonais à critiquer publiquement la banque centrale du Japon pour ses programmes d’achats d’ETF opérant de longue date, d’après Bloomberg.

À la litanie de raisons expliquant pourquoi cela est mauvais pour les marchés (les 2 raisons les plus évidentes étant que la banque pousse artificiellement les valorisations à la hausse tout en entravant les efforts d’efficience des sociétés), Kiyota, dont la société gère la bourse de Tokyo, la principale du pays, en a ajouté une : les achats de la banque centrale suppriment artificiellement la volatilité, ce qui décourage les opérateurs à placer des ordres.

volatilité des marchés japonais

« À long terme, ce n’est pas bon », a déclaré Akira Kiyota dans une interview accordée la semaine dernière. « Si vous n’arrêtez pas d’acheter pour 6 trillions de yens par an, cela débouche sur des distorsions permanentes. » (…)

Comme le note Bloomberg, la sortie de Kiyota est non seulement remarquable en raison de ses critiques, mais surtout du simple fait qu’il ait osé parler. Les membres de l’establishment financier japonais n’ont pas pour l’habitude de critiquer leurs pairs : cela pourrait être le signe que l’opinion publique est en train de se retourner contre les politiques du gouverneur de la banque, Kuroda. (…)

À travers ce programme d’achats d’ETF, qui a démarré en 2010, la BoJ est devenue l’unique acteur de poids opérant sur les marchés actions japonais. En juillet dernier, la Banque centrale japonaise a décidé de doubler la mise, passant de trois trillions de yens d’achat à six trillions (soit 54 milliards de dollars). À la fin juin, la BoJ détenait environ 71 % de tous les ETF du Japon, d’après Bloomberg. Cela représente environ 2,5 % de l’intégralité de la capitalisation boursière japonaise. D’ici la fin de l’année, la banque centrale devrait devenir l’actionnaire principal de 55 entreprises composant l’indice japonais principal, le Nikkei 225.

De plus, le Financial Times a récemment avancé des éléments qui montrent la volonté de la BoJ d’acheter le dip lorsque les indices baissent. Le journal a démontré qu’à chaque fois que les marchés ont baissée entre 2013 et 2017, la BoJ est passé à l’achat presque une fois sur deux. (…) »

Article de Zero Hedge, publié le 24 juillet 2017