Les problèmes qui ont engendré la crise financière reviennent d’après Edwards

0
693
épargne

Les taux d’épargne aux États-Unis et en Grande-Bretagne chutent, si bien que les économistes tentent de comprendre ce que cela signifie.

Lorsque le gouvernement américain a publié les chiffres de révision de la croissance la semaine dernière, il a fortement revu à la baisse le taux d’épargne des particuliers. L’épargne en tant que pourcentage du revenu disponible s’est élevée à 4,9 % l’année dernière, alors que ce chiffre avait été précédemment estimé à 5,7 % d’après le Bureau of Economic Analysis. Cette mise à jour montre que l’épargne fut moindre qu’escomptée, tandis que la consommation fut plus élevée.

Albert Edwards, stratégiste permabear de Société Générale, a publié une interprétation pessimiste de ces chiffres dans une note diffusée jeudi. Pour Edwards, nous sommes à nouveau à l’aube d’une crise financière.

« Chaque jour, nous avons davantage de preuves montrant que les excès du crédit qui ont provoqué la crise financière mondiale de 2008 sont présents aujourd’hui », a-t-il déclaré.

La dernière fois qu’une telle baisse des taux d’épargne fut enregistrée, ce fut en 2007, « juste avant l’éclatement de la bulle de la dette qui fit exploser l’économie mondiale et le système financier ».

Edwards fait porter le chapeau à la Federal Reserve. Son assouplissement quantitatif, qui a dopé la demande pour les obligations et les autres actifs adossés à de la dette, « a non seulement fait gonfler la dette des entreprises jusqu’à des niveaux grotesques, mais au final le taux de l’épargne américaine a répondu à l’augmentation de la «richesse papier» découlant des assouplissements quantitatifs », a-t-il écrit. Il poursuit :

« Habituellement, le taux d’épargne baisse toujours lorsque la richesse augmente. Pourquoi épargner alors que les taux sont proches de zéro et que l’immobilier et la bourse augmentent ? »

Les risques que font peser un taux d’épargne bas sont doubles, a déclaré Mick Levy, économiste en chef de Berenberg Capital Markets pour les Amériques et l’Asie. « Cela suggère que les consommateurs ont suffisamment confiance pour augmenter leurs dépenses par rapport à leurs revenus, mais cela signifie aussi que les consommateurs disposent d’un filet de sécurité réduit en cas de souci ».

Cependant, selon Neil Dutta, analyste en chef États-Unis de Renaissance Macro Research, le taux d’épargne est à un niveau normal en raison du ratio entre la richesse des ménages et leurs revenus.

Ce qui signifie aussi que si cette baisse du taux d’épargne est le reflet d’une nouvelle vague d’endettement, comme le pense Edwards, cela veut dire que cette consommation permet de soutenir l’économie américaine.

Source : Business Insider