L’or est l’un des 3 actifs qui ont surperformé le S&P 500 durant ces 20 dernières années

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Perth Mint or

La semaine dernière, nous avons pu voir pour la première fois ce qu’est un trou noir, l’une de ces entités cosmiques tellement puissantes et massives qu’il est impossible d’échapper à leurs effets dévastateurs. Ces choses détruisent littéralement tout ce qui se trouve sur leur passage, tel un broyeur impossible à arrêter.

Vous pouvez probablement citer quelques investissements qui ont été victimes d’un trou noir financier, cela évoque peut-être de très mauvais souvenirs. Heureusement, l’or n’en fait pas partie, malgré toute la presse négative autour du métal jaune. L’analyse rigoureuse montre qu’historiquement, l’or a toujours été un investissement avisé. Grâce à sa corrélation négative avec les marchés financiers, l’or a permis aux investisseurs de diversifier leur portefeuille et d’améliorer leur rendement ajusté au risque. En janvier, j’avais partagé avec vous des graphiques montrant que le rendement de l’or a surpassé celui des marchés durant plusieurs périodes, et notamment au cours du XXIe siècle (jusqu’à aujourd’hui).

Voyez justement le graphique ci-dessous, préparé par JP Morgan et publié la semaine dernière. Durant les 20 années qui ont précédé le 31 décembre 2018, l’or se classant seconde position des actifs ayant généré le rendement annuel le plus élevé, soit 7,7 %. Seuls les fonds immobiliers ont fait mieux, avec un rendement de près de 10 %.

À titre de comparaison, le S&P 500 a offert un rendement limité à 5,6 % sur base annuelle, notamment en raison de corrections majeures qui ont fortement impacté sa performance. Les obligations, gouvernementales ou privées, ont généré un rendement de 4,5 %. Ce qui est plus que correct, vu que cette classe d’actif présente un profil de risque et de volatilité inférieur par rapport aux actions. Les derniers de la classe sont les « petits investisseurs », dont le portefeuille n’a rapporté que 1,9 %.

Les petits investisseurs, toujours à la traîne

Surpris ? Vous ne devriez pas. Les analyses quantitatives des comportements des petits investisseurs, notamment de la firme DALBUR, montrent qu’ils font toujours moins bien, qu’il s’agisse d’un marché haussier ou baissier, et ce d’une marge importante. Cela s’explique par un mauvais timing. Au lieu d’acheter et de rester sur leurs positions sans se laisser effrayer par la volatilité à court terme, la majorité des petits investisseurs a tendance à vendre au plus bas. Ils ratent alors la hausse pour acheter ensuite au plus haut. Adopter cette stratégie, c’est envoyer votre argent dans un trou noir.

Ne vous méprenez pas, trader peut être amusant, et même parfois très profitable. Mais cela n’a rien à voir avec l’investissement.

Ray Dalio croit toujours autant en l’or

La règle d’or de l’investissement que je recommande conseille d’allouer 10 % de son portefeuille au métal jaune. Ray Dalio, le milliardaire qui a fondé le hedge fund le plus performant et le plus important du monde, Bridgewater, suit cette règle. L’année dernière, son fond phare Pure Alpha a généré un rendement incroyable de 14,6 %, alors que le petit investisseur perdait 9,42 %. (…)

Si vous analysez les déclarations de Bridgewater à la SEC, vous constatez que Dalio possède des positions significatives sur l’or, à bien des niveaux. Il est exposé alors physique via l’ETF SPDR, à des sociétés minières majeures comme Barrick Gold et Newmont Mining, à des juniors comme Yamana Gold ou encore des sociétés comme Franco-Nevada, société titulaire de licences.

Dalio souhaite une réforme du capitalisme

Tant que nous sommes sur le sujet de Dalio, il est intéressant de noter qu’il a eu des mots assez durs envers le capitalisme. Dans un long billet publié sur LinkedIn, Dalio a expliqué pourquoi il pense que le capitalisme ne joue plus son rôle comme il le devrait pour la plupart des Américains. De ce fait, il pense que le capitalisme doit être réformé.

Dans l’un des passages les plus intéressants de son essai, Dalio estime que les clivages politiques et les opportunités asymétriques aux États-Unis sont en train de créer une situation similaire à celle de la fin des années 30.

« Les écarts de richesse, surtout lorsqu’ils sont accompagnés de valeurs non partagées, débouchent sur des conflits grandissants. Cela débouche sur l’émergence d’un populisme de gauche ou de droite qui prend le pouvoir, ce qui débouche souvent sur une forme de révolution. Pour ces raisons, je crains la prochaine crise économique, surtout en raison des banques centrales qui disposent de capacités limitées pour la surmonter alors qu’il y a tant de polarité politique et de populisme. »

Ce n’est pas vraiment un conte de fées. Je ne vous demande pas d’être d’accord avec Dalio, je pense qu’il est assez pessimiste, mais si vous allez plutôt dans son sens, il est d’autant plus judicieux d’acheter de l’or.

Les banques centrales continuent d’accumuler du métal jaune

Pour conclure, l’or a à nouveau franchi la barre des 1300 $ l’once la semaine dernière après que la nouvelle des achats d’or de la Chine de mars ait été publiée. Il s’agissait de la 4e augmentation mensuelle consécutive des stocks d’or chinois. La Chine fait désormais concurrence à la Russie et au Kazakhstan. Mais la Chine ne fut pas la seule. En février, les banques centrales ont acheté 51 tonnes d’or. Il s’agit des achats mensuels les plus massifs depuis octobre 2018, d’après le World Gold Council.

« Les stocks d’or des banques centrales ont augmenté de 90 tonnes durant les 2 premiers mois de l’année 2019. En 2018, elles avaient acheté 56 tonnes en janvier-février. Cela montre que globalement, les banques centrales des marchés émergents continuent d’accumuler de l’or à un rythme intéressant », peut-on lire dans le dernier rapport du WGC.

Article de Frank Holmes, publié sur SafeHaven.com le 16 avril 2019