Marchés actions au plus haut : un argument fort pour les métaux précieux

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Les 20 000 points du Dow ont été célébrés comme il se doit. Les traders de la Bourse de New York ont d’ailleurs porté des casquettes « Dow 20 000 ». Même le président Trump s’est mêlé à la fête.

Trump a déclaré à ABC News qu’il était « très honoré » du vote de confiance symbolique qui lui a été donné par les marchés. « Maintenant il faut monter, encore et toujours plus haut. Nous ne voulons pas rester à ce niveau », a-t-il déclaré.

Tout le monde aime un marché haussier. Mais s’attendre, en tant qu’investisseur, à ce que la Bourse grimpe toujours est dangereux. L’histoire récente suggère que ce niveau symbolique atteint par le Dow devrait plus résonner comme un avertissement qu’être un motif de réjouissance.

Ce que 1999 nous enseigne sur 2007

Un bon exemple : le Dow Jones à 10 000 points. Le 29 mars 1999, le DJIA clôture pour la première fois de son histoire au-dessus des 10 000 points.

Les médias financiers, bien entendu, avaient célébré cet événement majeur en alimentant le public de la propagande de Wall Street plutôt que d’un scepticisme sain.

dow-36000-pts-livreBien sûr, comme les permabulls le concèdent toujours, il pourrait y avoir une correction à un moment. Mais des livres comme Dow 36 000, publié en 1999, ont renforcé la sagesse populaire qui estimait que les actions devaient continuer à grimper durant la décennie à venir.

Pourtant, les actions n’ont été nulle part pendant 11 longues années. Le Dow Jones a subi 2 crashes, le premier en 2002 et le second, plus important, en 2008. À la mi-2010, la valeur sûre (blue chip) moyenne avait rebaissé jusqu’à son niveau du 29 mars 1999. Après quoi, le Dow a franchi à de nombreuses reprises les 10 000 points, sans qu’on en fasse cette fois tout un plat.

Les faits ont montré que le franchissement définitif de la barre des 10 000 points fut l’élément important. Enfin, plus de 11 ans après que le Dow ait atteint pour la première fois ce niveau, les actions connaissaient un nouveau marché haussier. Le DJIA était en route vers les 20 000 points.

Toute personne qui envisage d’acheter des actions aujourd’hui, très chères, devrait considérer ce qui est arrivé aux investisseurs qui ont acheté le Dow à 10 000 points en 1999 et qui ont tenu leurs positions.

Oui, ils ont doublé leur investissement (avant dividendes) en termes nominaux. Mais en termes réels, le Dow n’a pas avancé. Les investisseurs auraient été mieux inspirés de vendre leurs actions lorsque le Dow Jones a atteint les 10 000 points pour utiliser le produit de la vente afin d’acheter de l’or.

En mars 1999, l’argent coûtait 5,2 dollars l’once tandis que l’or valait seulement 285 $ l’once. Le métal jaune a grimpé jusqu’à 1 900 $ l’once à la mi-2011. Aujourd’hui, il est à 1 200 $, ce qui reste quatre fois plus qu’en 1999.

Cela remet en perspective la hausse nominale du Dow de 10 000 à 20 000 points. En termes réels, cet indice a au mieux stagné. À l’avenir, il n’en sera peut-être même pas capable.

Trump sait qu’il a hérité d’une bulle

Le ratio cours/bénéfices du Dow montre indéniablement qu’il s’agit d’une bulle. Les valorisations ont été gonflées artificiellement par la FED, et pas qu’un peu. En septembre dernier, le candidat à la présidentielle Donald Trump qualifiait le marché dopé par la FED de « grande, grosse et affreuse bulle ». Aujourd’hui président, Trump ne voit plus les choses de la même façon. Dow 36 000 points, nous voilà !

Cela arrivera peut-être, mais uniquement en raison de la dévaluation du dollar. Néanmoins, cela ne signifie pas que le prochain mouvement de 5 000 points du Dow soit à la hausse.

L’expérience montre que les investisseurs ont de meilleures chances d’engranger des profits via les actions en attendant des valorisations plus basses. Un marché baissier pourrait démarrer à tout moment, tandis que son plus bas pourrait être atteint après des années. En attendant, miser sur des actifs alternatifs comme les métaux précieux vous offrira d’autres opportunités d’engranger des profits réels, peu importe la direction prise par le Dow Jones dans les années à venir.

La Trumpflation sera-t-elle aux métaux ce que la stagflation fut aux années 70 ?

Les marchés de l’or et de l’argent ont enregistré leurs plus gros mouvements haussiers lorsque la Bourse était en baisse, ou neutre. La fin des années 70, marquée par la stagflation, ne fut pas tendre avec la Bourse, mais elle enfanta un marché haussier spectaculaire pour les métaux précieux. Il a atteint son pic en janvier 1980, lorsque le cours de l’or en dollars équivalait les points du Dow Jones.

De 1980 à 2000, le ratio Dow/or est passé de seulement 1/1 jusqu’à 43/1. Entre 2000 et 2011, il est tombé jusqu’à 6/1. Ce ratio se trouve aujourd’hui à environ 17/1. Si nous devions revisiter le ratio 1/1, cela serait soit en raison d’un krach boursier épique, soit à cause d’une explosion des métaux précieux, soit la combinaison des deux.

ratio or/dow
Le cours de l’or pourrait-il rejoindre le Dow à 20 000, ou un autre chiffre ? Certes, le retour au ratio 1/1 est un scénario extrême. Mais il n’est pas insensé d’envisager que l’histoire puisse se répéter.

Même si ce ratio ne devait tomber qu’à 4/1, sortir des actions et se tourner vers les métaux précieux, aux niveaux actuels, serait l’affaire du siècle. Cela signifierait 5 000 $ l’once pour l’or si le Dow reste à 20 000 points, un retour de 317 % pour le métal jaune contre un retour nul pour les actions dans le cas de ce scénario hypothétique.

Dans l’éventualité d’un grand marché haussier des métaux précieux, le métal le plus volatile, à savoir l’argent, devrait offrir les plus gros retours sur investissement. L’argent, qui est à la fois un métal précieux et industriel, pourrait également profiter des politiques en faveur de l’industrie de Trump. L’argent est essentiel pour la fabrication de nombreux produits, comme l’électronique et les produits high-tech.

L’argent est également l’une des formes de monnaie les plus anciennes. Avec l’or, l’argent métal offre une alternative « solide » à des devises papier dévaluées et des actifs financiers en territoire de bulle. »

Article de Clint Siegner, publié le 1er février 2017 sur SafeHaven.com