Le secteur des métaux précieux est un terreau fertile pour de nombreuses théories du complot. Parfois fantaisistes, parfois avérées, il n’est pas toujours aisé de faire le tri. Ronan Manly est un analyste plutôt factuel. Nous avons donc relayé récemment son analyse chiffrée qui prouvait que 85 % de l’argent du LBMA est attribué aux ETF tels que le SLV, ce qui suggère que le marché de l’argent physique de gros est tendu.

Un silver squeeze ? L’idée n’est pas saugrenue

Bien entendu, il « suffirait » que de l’argent soit expédié dare-dare vers Londres de New York, de Suisse ou d’ailleurs ou qu’il y ait des flux sortants pour régulariser la situation. Cependant, il n’y a pas que les silver bugs qui suivent de près ce dossier. Pour preuve, le SLV, le plus gros ETF argent du monde, vient de modifier son prospectus. C’est à nouveau Ronan Manly qui fut l’un des premiers à dévoiler ce rebondissement.

Le 3 février, les responsables du SLV ont modifié leurs « conditions de vente ». Fait intéressant à relever, cela s’est produit le lendemain de l’ajout de plus de 3.400 tonnes d’argent à ses stocks en 3 jours. Un véritable coup de force, selon Manly, qui pourrait être difficile à réitérer.

Le SLV s’inquiète de ne pas pouvoir acheter de lingots de 1.000 onces

Pour rappel, le SLV est un « tracker ». Il a pour objectif de suivre le prix de l’argent. Plus il y a de parts de SLV créées, plus l’ETF doit acheter du métal (sous la forme de lingots de 1.000 onces) car les parts sont censées être couvertes par de l’argent physique. En changeant son prospectus, le SLV se prépare à l’éventualité d’être dans l’incapacité de s’en procurer.

Voici ce que le SLV a ajouté à son prospectus :

« La demande d’argent pourrait temporairement excéder l’offre disponible acceptable pour livraison au Trust, ce qui pourrait affecter de façon adverse un investissement dans ses Parts. » Outre cet avertissement, le SLV prévient que le prix de ses parts pourrait ne plus être corrélé au prix de l’argent physique en raison de ces soucis d’approvisionnement :

« Une augmentation importante de la demande pour les Parts, qui excéderait de façon temporaire l’offre, pourrait déboucher sur une volatilité du prix des Parts. »

Conclusion

Ces modifications sont évidemment loin d’être anodines. Si elles ne garantissent pas un feu d’artifice, elles prouvent que les patrons du SLV ont jugé que la situation exigeait de prendre ces précautions. Nous laissons le mot de la fin à Ronan Manly : « Si le short squeeze sur GameStop a provoqué un feu d’artifice, il est difficile de concevoir ce qui se passerait si un short squeeze sur le marché international de l’argent physique devait se matérialiser alors que le SLV se trouve dans l’incapacité de trouver suffisamment d’argent physique. »

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