Trump va-t-il implémenter un plan coûteux de stimulations fiscales pour contrer l’impact du coronavirus ?

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Chine coronavirus

Ce mercredi, l’or s’est apprécié après avoir reculé fortement la session précédente. La hausse est attribuée aux doutes de voir les mesures stimulantes du président Trump se matérialiser rapidement. Elles ont pour objectif de limiter l’impact économique du coronavirus.

L’or était en légère hausse après avoir baissé de presque 2 % la veille dans l’espoir de mesures stimulantes. La Maison-Blanche et le Congrès ont négocié des mesures ce mardi afin de doper l’économie américaine et les chèques de paie des Américains, même s’il n’y avait pas de signe immédiat d’accord.

« Le goût pour le risque tourne au vinaigre… Les marchés sont assez déçus par le retard concernant le paquet de stimulations de Trump, qu’il avait promis pour mardi », a déclaré l’analyste de CMC Markets Margaret Yang Yan.

La pièce centrale de cette proposition concerne une suppression partielle et temporaire de l’impôt sur le travail, même si l’étendue et la durée d’une telle proposition sont floues. Et tandis que l’annonce se faisait attendre, les actions asiatiques et les contrats à terme de Wall Street ont baissé sur fond de scepticisme grandissant, tuant ainsi dans l’œuf le rebond initié plutôt.

L’obligation américaine de référence (sur 10 ans) est repartie à la baisse en direction de son plus bas historique atteint en début de semaine. Le dollar s’est également replié par rapport aux autres devises majeures alors que la nervosité persistait. Ces 2 facteurs ont constitué un vent favorable pour le métal jaune, selon Yan.

Le nombre de cas de coronavirus en Chine a atteint 80 778 ce mardi, pour plus de 116 000 personnes infectées de par le monde. Les banques centrales ont redoublé d’efforts afin de combattre les problèmes économiques engendrés par l’épidémie. La FED devrait à nouveau baisser son taux directeur à l’occasion de sa réunion programmée durant la semaine à venir.

La FED était déjà intervenue via une baisse d’urgence de son taux directeur la semaine dernière. Les marchés s’attendent également à une décision similaire de la part de la BoE (note : c’est désormais acté).

La patronne de la BCE Christine Lagarde va participer à une vidéoconférence avec les 27 leaders de l’UE pour discuter des mesures à prendre pour contrer l’impact du virus, selon un tweet du Conseil de l’Union européenne. (source)

Plus d’impôt sur le travail jusqu’à la fin de l’année ?

Dans un autre article de CNBC, on apprend que Trump aurait proposé la suppression de l’impôt sur le travail jusqu’à la fin de l’année :

« Alors qu’il était en réunion avec des membres du congrès républicain ce mardi à Capitol Hill, Donald Trump a proposé la suppression de l’impôt sur le travail pour les employeurs et les employés. Cette mesure serait effective jusqu’à la fin de l’année, selon les déclarations d’un officiel de la Maison-Blanche à CNBC.

La décision a même porté sur la suppression définitive de cet impôt, selon ce responsable qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat. Ces impôts sont utilisés pour financer la sécurité sociale et Medicare. Lorsque le média l’a interrogé quant au coût potentiel de cette mesure, l’officiel n’a pas répondu à la question en demandant pourquoi on se focalise toujours sur le coût des réductions d’impôts.

La nouvelle tombe alors que Trump et la Maison-Blanche travaillent à l’élaboration d’un plan de stimulation économique dans le but de contrer la propagation de l’épidémie de coronavirus. (…) Trump a également indiqué vouloir aider le secteur aérien et les sociétés de croisières. Les restrictions de voyage et la peur ont démoli la demande pour le tourisme et les voyages d’affaires.

Les sénateurs républicains seraient sceptiques quant à la suppression de l’impôt sur le travail. Cette proposition aurait été faite par Peter Navarro, l’un des conseillers principaux de Trump sur les politiques commerciales.

Les traitements et salaires font l’objet de taxes payées par l’employeur et l’employé. Pour la sécurité sociale, les salaires des employés font l’objet d’un impôt de 6,2 %. La retenue pour Medicare et de 1,45 %. L’employeur paye le même montant. »

Et pour conclure, selon The Balance, les « Payroll taxes » rapportent plus d’un trillion de dollars au fisc américain. Vous pouvez donc aisément évaluer combien une telle mesure coûtera au gouvernement fédéral déjà largement déficitaire.