• Dans notre billet de vendredi, nous avions prévenu qu’il fallait s’attendre à des secousses. Et malgré le coup d’arrêt de la hausse du bon du Trésor sur 10 ans du dernier jour de la semaine dernière, les métaux précieux ont fortement chuté. L’or a touché jusqu’à 1.718 $ en cours de séance, pour clôturer à 1.730 $. L’argent a quant à lui fini la semaine à environ 26,58 $. Aujourd’hui, les 2 métaux rebondissent alors que le bon du Trésor sur 10 ans est repassé sous la barre de 1,5 %, et que le dollar baisse quelque peu.
  • La hausse des taux obligataires américains est LE sujet actuel. Il fait même passer la ratification par le Congrès du plan de stimulation de l’administration Biden au second plan. Les marchés communiquent leurs craintes concernant l’inflation via le marché obligataire. La FED ignore cette hausse, la considérant comme un vote de confiance en faveur de l’économie. Il y a clairement beaucoup de confusion qui règne en ce moment. Dépression économique, chaînes logistiques perturbées par la pandémie, stimulations monétaires et fiscales sans précédent, quelles seront les conséquences de tout cela ? Stagflation, inflation galopante ? À long terme, il est indubitable que cela devrait être positif pour les métaux précieux.
  • Néanmoins, le sentiment négatif produit des dégâts à court terme. De nombreuses banques ont commencé à abaisser leur objectif pour l’or. Mais si les attentes sont moins élevées, elles restent optimistes. Par exemple, Commerzbank a abaissé son objectif de 2.300 à 2.000 $ pour l’or d’ici la fin de l’année. Goldman Sachs également. La hausse récente des taux obligataires est derrière ces ajustements d’objectif pour les 2 banques. Même si à 1,6 % cela reste très bas, il ne faut pas oublier que le bon du Trésor sur 10 ans était à 0,5 % en août, soit le mois durant lequel le métal jaune a enregistré son record historique à un peu moins de 2.100 $ l’once.
  • Selon Axel Merk, cela aurait pu être pire pour les métaux précieux. « Certains opérateurs pensent que la hausse des taux obligataires est exagérée, ou que l’inflation sera plus importante qu’anticipé. Cela explique pourquoi nous n’avons pas assisté à une panique totale sur le marché de l’or », a-t-il déclaré. Selon lui, les obligations sont survendues, mais on ne peut pas écarter la possibilité de voir le bon du Trésor sur 10 ans grimper jusqu’à 2 % en raison de la tendance en cours (momentum).