Argent métal : le canari dans la mine de l’inflation

0
1172
lingots d'argent métal

Les facteurs de la demande qui influencent le prix de l’or sont la peur, du côté de l’Occident, et l’amour du métal, en Orient. Les achats de métal dictés par la peur se languissent depuis quelques années, ce qui signifie que « l’amour du métal » doit faire tout le boulot pour soutenir les cours.

Il l’a fait raisonnablement bien. Le secteur minier chinois s’est consolidé tout en adoptant des standards environnementaux. Le secteur de la bijouterie en Inde s’est également restructuré, le poinçonnage devenant obligatoire.

Ces 2 pays enregistrent une forte croissance économique et des salaires. À court terme, les droits de douane levés par les États-Unis ont fait du tort aux marchés actions de la « Chinde » (Chine/Inde), ainsi qu’à leur devise. Cela a fait un peu de tort à la croissance de la demande de l’or dans ces pays.

Celle-ci est solide, mais elle n’est pas suffisamment puissante pour compenser la faible demande engendrée par la peur, et donc pousser les cours à la hausse. En tout cas, pour le moment. (…)

Je pense que les marchés actions chinois devraient bientôt partir à la hausse. Je pense aussi que l’or suivra le mouvement. Quelques gros spéculateurs détiennent d’énormes positions short au COMEX. Une augmentation de la demande engendrée par l’amour du métal déboucherait sur la couverture dans la panique de ces positions.

Il est aisé d’être obnubilé par l’arbre des droits de douane, quitte à perdre de vue la forêt des 3 milliards de Chinois et d’Indiens. La Chine est déjà en train de lancer un programme de stimulations important afin de compenser la baisse minime de croissance du PIB engendrée par la furie des droits de douane de Trump. Le cuivre, ou le « Dr Cuivre », est déjà en train de s’apprécier, ce qui signale de la croissance mondiale.

Le PIB de la Chine exprimé en dollars devrait surpasser celui des États-Unis dans 12 ans. En termes de consommation de produits physiques et de production, l’économie chinoise est déjà substantiellement plus importante que celle des États-Unis.

La Chine peut facilement sortir gagnante d’une longue guerre commerciale. La dette américaine est trop importante, sa population trop peu nombreuse, alors que peu d’Américains possèdent de l’or.

Trump devrait probablement se concentrer sur ce qui importe vraiment pour le niveau de vie à long terme de ses concitoyens, à savoir la croissance folle de la dette de son gouvernement. C’est cette dette qui ressuscitera la demande d’or dictée par la peur de l’Occident. Cela arrivera plus vite que les gens le pensent. Les meilleurs analystes des banques commencent déjà à s’en soucier, et deviennent positifs en ce qui concerne l’or.

Ils prédisent aussi de façon presque unanime une baisse significative de la croissance des bénéfices des entreprises en 2019. J’ai prédit une baisse de 10 % au T3 2019, ainsi que des baisses nettes des bénéfices d’ici fin 2020 et début 2021.

Cela fera baisser encore plus les recettes fiscales. Le programme d’infrastructures de Trump fragilisera encore plus la position de la dette américaine. Les infrastructures américaines doivent être reconstruites, mais le bilan du gouvernement également !

La plupart des investisseurs amateurs ne comprennent pas que les baisses d’impôts pour les entreprises et les particuliers ne produisent pas toujours une croissance durable, ou une augmentation des recettes fiscales. La démographie, la dette, les taux et le taux actuel de fiscalité ont également un impact sur le résultat.

En ce qui concerne les États-Unis, les baisses d’impôts réduisent les rentrées fiscales alors que nous démarrons une phase de retour de l’inflation et de hausse des taux.

Si l’inflation devait accélérer, la FED ne mettra pas ses relèvements des taux en pause, même si la croissance et les bénéfices des entreprises sont en chute. Il s’agit d’une situation très différente de celle de 2008, lorsque le risque systémique poussa la FED à recourir au QE. La prochaine crise pourrait bien être provoquée par l’inflation engendrée par la création monétaire du gouvernement. Elle devrait donc plus déboucher sur des hausses des taux que de nouvelles injections de liquidités.

Tandis que la situation fiscale américaine se détériore encore plus, Trump devra ordonner à la FED de créer de la monnaie. Il pourrait également ordonner au Trésor l’ordre de dévaluer le dollar.

Le Trésor américain émet déjà de la dette à un rythme plus vu depuis des années. Je pense que la tendance va s’accélérer dans les 24 mois à venir. Si les bénéfices des entreprises continuent d’augmenter, les marchés actions peuvent poursuivre leur hausse (dans une moindre mesure, et avec davantage de volatilité) pendant des années, mais les achats d’or en raison de la peur ne sont pas vraiment dictés par la santé des entreprises américaines. Ils dépendent plus du dollar et de l’endettement du gouvernement américain.

Selon moi, les options sont la meilleure façon de jouer les actions en cette fin de cycle économique, car il y a moins de capital en jeu, tandis que les perspectives de profit sont plus importantes. Posséder des actions vous expose aux ventes paniquées de 2008, 2000, 1929, etc. (…)

Lorsque le sucre commence à grimper fortement, l’argent suit souvent. Au début des années 70, Omar Sharif a fait une petite fortune en achetant des contrats à terme sur le sucre, alors que l’inflation explosait sur fond de choc pétrolier. L’histoire va-t-elle se répéter ? Je le pense, mais je suis de plus près l’argent et les actions minières que le sucre. L’argent est vraiment le canari ultime dans la mine mondiale de l’inflation, et il commence à chanter.

Article de Stewart Thomson, publié le 2 octobre 2018 sur SilverSeek.com