Avec Powell, rien ne changera à la FED

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Après avoir vertement critiqué la FED durant sa campagne, dénoncé les bulles financières et les taux trop bas, Donald Trump a choisi de nommer Jerome Powell à la tête de la FED. Une nomination consensuelle qui ne changera absolument rien de fondamental à la politique poursuivie par Mme Yellen, ou même par M. Bernanke avant elle. Jim Rickards explique pourquoi dans cet article :

« J’ai travaillé avec Jay Powell lorsqu’il était au Trésor et que j’étais l’avocat général d’un grand négociant principal en obligations. Les négociants principaux sont les entités qui souscrivent aux émissions obligataires du gouvernement, donc dans les faits Jay était le plus gros client de mon employeur.

Il m’a laissé l’impression d’un grand professionnel qui agissait toujours dans le meilleur intérêt du Trésor et des contribuables. Il est intelligent, c’est quelqu’un d’intègre qui peut se targuer d’une belle carrière aussi bien dans le public que dans le privé.

Jay Powell est quelqu’un d’apprécié aussi bien par les Républicains que par les Démocrates, une qualité très rare aujourd’hui vu la polarisation de la scène politique.

L’élément le plus important à relever de la nomination de Jay Powell est que les politiques monétaires resteront inchangées. En tant que gouverneur de la FED, Powell n’a jamais voté contre les décisions de Janet Yellen concernant les taux.

Ses discours font transpirer un grand support pour l’approche de Yellen. En bref, Powell suivra la voie de son prédécesseur en ce qui concerne les taux. La présidence change, mais pas les politiques. (…)

Quid de l’inflation ? Cela décidera de l’avenir des taux en décembre

L’inflation a chuté de 1,9 à 1,3 % durant les 9 derniers mois, en enregistrant à chaque publication mensuelle une baisse ou le statu quo. Cela devrait tracasser la FED qui doit se réunir le 13 décembre alors que les marchés s’attendent à 90 % à un relèvement des taux durant ce mois (en novembre la FED n’a pas bougé, conformément aux attentes).

Si, d’ici là, l’inflation remonte, disons à 1,6 % ou plus, cela validera l’opinion de Yellen, à savoir le facteur transitoire de la faiblesse de l’inflation, et cela justifiera un relèvement des taux en décembre. En revanche, si la tendance de faiblesse se poursuit, disons à 1,3 % ou moins, il y a de grandes chances pour que la FED n’agisse pas en décembre. Dans ce cas, il faudra s’attendre à un renversement brutal des tendances récentes.

Les valorisations des marchés ont déjà intégré un dollar plus fort et un euro, un yen, l’or et les obligations plus faibles en raison de cette attente d’un relèvement du taux directeur américain en décembre. Si cela n’a pas lieu en raison d’une inflation faiblarde, vous pouvez vous attendre à une hausse importante des obligations, de l’euro, du yen et de l’or.

Mon opinion est que l’inflation décevra, en poursuivant la tendance démarrée en décembre dernier. Nous aurons la réponse avec les publications des chiffres de l’inflation des prix à la consommation du 30 novembre.