Devons-nous rester les bras croisés alors que les banques centrales achètent de l’or ?

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or de la Buba

Les banques centrales accumulent de l’or. La Chine, la Russie et bien d’autres pays asiatiques ont commencé à en acheter il y a quelques années. Aujourd’hui, stocker du métal jaune est à nouveau à la mode. Voyons quels sont les facteurs qui expliquent ce retour en grâce.

Récemment, un nouveau groupe d’acheteurs d’or est apparu. Ce sont les investisseurs chinois. Avant 2015, la propriété privée d’or était restreinte en Chine. Mais, à partir de cette date, le gouvernement chinois a privatisé la propriété d’or. Les chiffres officiels des réserves d’or de la Chine mentionnent 1 842 tonnes de métal, pour une valeur de 84,45 milliards. Ces chiffres augmentent régulièrement. En 2017, la Chine fut la plus grande consommatrice du monde de bijoux en or, selon GFMS.

Cela signifie-t-il que la banque centrale chinoise ou russe s’attend à voir le cours de l’or grimper ? Non. Les investisseurs dans l’or pourraient percevoir cette nouvelle comme étant négative. Les banques centrales n’accumulent pas du métal jaune par crainte de l’inflation. La banque centrale chinoise souhaite diversifier ses réserves, et notamment réduire sa dépendance au dollar qui constitue la grande majorité de celles-ci. La Chine a plus de 3 trillions de dollars de réserves. Elle possède également pour plus d’un trillion d’obligations américaines. De plus, elle possède également des trillions de dollars en cash et en dépôts.

L’Iran a exploité cette même stratégie basée sur l’or. Lorsque des sanctions furent infligées à Téhéran et que l’Iran fut exclu du système international des paiements en dollars, elle a dû se tourner vers la vieille méthode des paiements en or physique. Récemment, le gouvernement russe a adopté la même tactique après avoir été sanctionné pour son invasion de la Crimée.

Afin de soutenir leur devise, ces pays ont commencé à accumuler de l’or. L’Allemagne a rapatrié son métal qui se trouvait dans les coffres français. Les particuliers allemands se sont également tournés vers l’or pour protéger leur patrimoine face aux politiques monétaires accommodantes et aux crises financières qui se succèdent.

En 2016, 6,8 milliards d’euros ont été alloués à l’achat d’or physique en Allemagne. Des pays comme la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et les Pays-Bas sont également passés à l’achat.

Habituellement, les pays développés disposent 60 % de leurs réserves en or. Ce pourcentage n’est que de 6,1 % pour l’Inde. En ce moment, la Chine ne possède que 2 % de ses réserves en métal jaune. Pour que l’empire du Milieu fasse grimper ce pourcentage à, disons, seulement 17 % de ses réserves, il devrait acheter pour 540 milliards d’or. Si seulement une partie de ce métal devait être acquise sur les marchés ouverts, le cours de l’or pourrait être propulsé jusqu’à 1 800-1 900 $.

La Russie, l’Indonésie et la Turquie sont des pays qui achètent de l’or pour soutenir leur devise. En septembre, la Russie a acheté 34 tonnes d’or. Ce pays possède désormais 1 779 tonnes, si bien que ses réserves sont à la 6e place du classement des pays possédant le plus d’or. Bientôt, les exportateurs de pétrole qui accepteront le yuan en tant que moyen de paiement pourront convertir la devise en or au Shanghai Gold Exchange. Pour tenir sa promesse, la Chine a besoin d’or physique.

Les banques centrales n’achètent pas de l’or parce qu’elles estiment qu’il est sous-évalué, mais pour se diversifier du dollar. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut ignorer ce point : les achats d’or des banques centrales dans un contexte d’offre limitée ne pourront que mettre la pression sur les cours. C’est pourquoi nous devrions assister à une hausse de l’or à long terme ; à court terme la pression baissière des positions short sur les marchés à terme et des manipulations continueront de les tenir en respect.

Source : IndianTimes.com