En 2018, les banques centrales devront choisir entre les actions ou les obligations

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Si les signes annonçant le retour de l’inflation continuent de se manifester, les banques centrales n’auront pas le choix que de poursuivre plus agressivement dans un processus déjà engagé, à savoir la fin des injections de liquidités, et même l’inversion des assouplissements quantitatifs, que l’on appelle dans le jargon « resserrement quantitatif ». Pour Graham Summers (source), les banques centrales devront alors faire un choix : soutenir le marché obligataire ou les marchés actions. Et en raison de l’endettement massif des pays développés, elles auront vite fait de prendre leur décision :

« En 2018, les banques centrales devront choisir entre une correction des actions ou du marché obligataire. Elles choisiront de laisser tomber les actions.

Le moteur principal des marchés actions est la création monétaire des banques centrales. Rien qu’en 2017, la BoJ et la BCE ont créé pour plus de 1,5 trillion de dollars qui ont pris la direction du système financier.

L’objectif de cette décision était de propulser les marchés actions. Mais, en conséquence, les banques centrales ont préparé le terrain du retour de l’inflation. Des signes apparaissent un peu partout : en Allemagne, en Chine, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et même au Japon. Ce qui est un énorme problème pour la bulle obligataire.

Les rendements obligataires évoluent en fonction de l’inflation. Lorsque l’inflation augmente, les rendements obligataires suivent la tendance. Et lorsque les taux obligataires augmentent, la valeur des anciennes obligations s’effondre, ce qui est susceptible de faire éclater la bulle.

La BoJ et les autres banques centrales doivent donc faire un choix :

  • soit mettre un terme aux injections de liquidités pour essayer de ralentir l’inflation (en laissant donc les marchés actions se corriger) ;
  • soit poursuivre la création monétaire, laisser l’inflation déraper et la bulle obligataire éclater pour ensuite provoquer une crise déflationniste qui fera, en comparaison, passer 2008 pour un pique-nique.

Le choix est évident : les banques centrales choisiront de resserrer la vis monétaire… au moins temporairement. La vérité est que même si les marchés actions baissaient de 30 %, nous serions toujours dans un marché haussier. En revanche, l’explosion de la bulle obligataire mettrait de nombreux pays en faillite virtuelle (rappelez-vous de la Grèce en 2010).

Pensez-vous vraiment que les États-Unis, le Japon, la Chine et les pays européens pourront rembourser leur dette en cas de normalisation des taux ? Collectivement, ces entités ont augmenté de 20 trillions de dollars leur dette depuis la crise de 2008. (…)

En conclusion : les banques centrales ne courront jamais le risque de faire exploser la bulle obligataire. C’est pourquoi la création monétaire va être interrompue pour le moment si bien que le prix des actions va baisser. (…) »