Gundlach : la FED sera en mode panique à la prochaine récession

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Si la récession qui semble s’annoncer se matérialise en vertu de la baisse des chiffres du transport routier et des PMI, la FED passera en mode panique, selon Jeffrey Gundlach.

Le fondateur et CIO de DoubleLine Capital a répondu aux questions de ses investisseurs le 23 juillet dernier à l’occasion d’une conférence téléphonique. L’objet de la conversation portait spécifiquement sur ses fonds à revenu fixe DBL et DSL. Voici ce qu’il a déclaré en réponse aux questions de ses clients.

Il estime que les chances d’une récession d’ici l’élection de 2020 sont « élevées ». Tous les indicateurs économiques principaux montrent un ralentissement économique. Alors que les taux montent, le service de la dette du gouvernement va augmenter, ce qui va découler sur un ralentissement de l’activité privée. Cette spirale négative est provoquée par les déficits grandissants, selon lui.

« Nous sommes déjà avec un gros problème de dette avant la récession. Il empirera lorsqu’elle se matérialisera », a-t-il déclaré.

En réponse, les politiques de la FED devront être plus « évolutives ». Il a évoqué les QE en tant que politique « normale », il ne s’agit pas selon lui d’un outil de crise. La FED prépare le terrain. Si les taux montent, elle lancera un nouveau QE pour ensuite imiter la Banque du Japon et d’autres avec des taux négatifs.

Selon Gundlach, les taux vont commencer à grimper lorsque l’économie faiblira davantage. Des interventions les feront ensuite baisser. Cette réduction préventive des taux pourrait prendre la FED à son propre piège vu qu’une récession exige des mesures pour doper la croissance.

Cependant, pour avoir une récession, les indicateurs économiques majeurs doivent être en territoire négatif. Si les chiffres se détériorent, nous ne sommes pas encore à des niveaux « problématiques », selon lui.

La courbe des rendements des obligations sur 2 et 10 ans s’est déjà inversée, mais il faudra un écart plus marqué pour annoncer la récession à venir. Il s’agit de l’un des facteurs à observer pour l’anticiper.

Gundlach a conseillé à ses investisseurs d’éviter les obligations à rendement élevé, qui sont plus sensibles à la faiblesse économique que les autres marchés obligataires. Selon lui, le marché des obligations pourries ressemble à celui de la fin 2006 début 2007. Il se souvient avoir dit fin 2016 « qu’il était acceptable de danser la danse du risque, mais qu’il était préférable de le faire à proximité de la porte de sortie ». 6 mois plus tard, il conseillait de sortir immédiatement.

Quand on lui a demandé combien de temps les taux négatifs pouvaient durer sans qu’il y ait de bank run, il a déclaré que sur base de Deutsche Bank, « le délai est court ». En ce qui concerne le dollar, le billet vert présente une grosse marge baissière, selon lui, car les politiques de la FED favorisent cette faiblesse. Concernant les marchés actions, il estime que le S&P est proche de son plus haut.

Source : extraits de cet article de Robert Huebscher