Inflation et manipulation, le spectacle continue

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La Fed multiplie les interventions – avec un seul objectif : sauver les spéculateurs et faire en sorte que la hausse se prolonge encore un peu.Nous sommes en route pour un bref séjour en Amérique du Sud – nous allons donc faire court aujourd’hui.

Nous voulons simplement revenir sur une chose qui s’est passée la semaine dernière…

Bloomberg :

 « La Réserve fédérale a injecté une troisième dose de liquidités dans un secteur vital des marchés de financement jeudi, permettant aux taux de reculer tandis que les investisseurs préviennent que de nouvelles poussées de stress restent possibles dans les semaines qui viennent.

La Fed de New York a injecté 75 Mds$ supplémentaires lors d’une opération de repo d’un jour sur l’autre. Cela suivait une dose de la même taille mercredi, et 53,2 Mds$ mardi. Ces opérations, communes en temps de pré-crise financière, ajoutent temporairement des liquidités, la Fed acceptant les titres gouvernementaux comme nantissement. »

Cela fait quelque 200 Mds$ d’injections. Que se passe-t-il ?

Ce sont les spéculateurs qui reçoivent l’argent

Comme vous le savez, la Fed n’a pas de piles de billets bien à l’abri dans son coffre-fort. Quand elle doit fournir des fonds, elle ne puise pas non plus dans l’épargne des honnêtes citoyens.

Non – elle crée simplement de l’argent à partir de rien. Cette fausse monnaie devient alors une part de la masse monétaire (de l’inflation, en d’autres termes).

Par ailleurs, cet argent n’est pas alloué à des quincailleries en difficulté ou à des familles qui ont du mal à joindre les deux bouts. Par exemple, nous sommes prêt à parier que vous, cher lecteur, n’avez jamais emprunté d’argent d’un jour sur l’autre de toute votre vie – sauf peut-être pour payer votre bière un soir où vous étiez à sec.

Les entreprises ont besoin de prêts sur un horizon plus long pour financer leurs plans de développement. Les consommateurs ont eux aussi besoin de financement pour des voitures, des réfrigérateurs, de l’éducation et des maisons – le tout sur une base de long terme.

Alors qui reçoit l’argent de la Fed ?

Les spéculateurs. Les joueurs. Les brasseurs d’argent de l’industrie financière. Ces sommes leur servent à jouer. Et si l’argent est assez bon marché, ils peuvent l’utiliser pour placer des paris auxquels ils ne se risqueraient jamais dans un marché honnête.

Nous sommes d’avis qu’ils parient sur toujours plus de relance – baisses de taux, assouplissement quantitatif et déficits gouvernementaux croissants. Ils savent que la partie est truquée ; ils savent aussi que tant la Fed que le gouvernement fédéral lui-même vont avoir recours à l’inflation – en grande quantité.

Ils parient lourdement, par exemple, sur une hausse des obligations… et ils le font avec cet argent « du jour au lendemain » afin d’être en mesure de clôturer leur trade à tout moment.

Retournement de situation !

Le risque est toujours le même : le coût de portage (cost of carry) s’envole, vous forçant à abandonner un bon trade au mauvais moment. C’est ainsi que le marché limite la spéculation et sépare les idiots de leur argent.

Mais quel délicieux retournement de situation ! Si le prix de l’argent au jour le jour grimpe, augmentant le cost of carry et mettant les parieurs en danger… eh bien… les gentils messieurs de la Fed arrivent à la rescousse avec quelques centaines de milliards de dollars de « liquidités », prétendant que l’économie est en danger… et que les idiots sont en fait des génies.

C’est pour cela que nous avons terminé nos notes d’hier en disant qu’« on n’a encore rien vu ». Le spectacle de « l’inflation ou la mort » sera programmé pendant encore longtemps. Renflouer les spéculateurs n’est qu’un échauffement. Et 200 Mds$ suffisent tout juste à acheter une boîte de popcorn.

La prochaine crise pourrait se produire à tout moment. Et ensuite ?

Actuellement, nous voyons ce que font les autorités alors que l’économie se développe encore, que le chômage est à 3,7%, et que les actions sont proches de sommets historiques.

Que feront-elles lorsque le marché aura effacé 15 000 Mds$ de richesse, que le chômage sera en route vers les 10% et que l’économie tombera en récession ?

Nous sommes d’avis qu’elles paniqueront et mettront en place le programme d’inflation le plus hardi, le plus imprudent et le plus irresponsable que les Etats-Unis aient jamais vu.

Alors choisissez une bonne place. Achetez de l’or. Et profitez du spectacle.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Bill Bonner, via les publications Agora. Bill Bonner est président et Directeur de Agora Inc, l’une des plus grandes sociétés de bulletins d’informations financières qu’il a fondée en 1979. Il est le créateur de la Chronique Agora, une lettre d’information financière envoyée via e-mail, où s’expriment également Simone Wapler et Philippe Béchade. Bill Bonner est un observateur non-conformiste du monde financier et politique.