La cruelle réalité de la pauvreté aux États-Unis

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« Lorsque la loi œuvre à rendre les riches plus riches, les puissants plus puissants, les membres les plus modestes de la société ont le droit de se plaindre de cette injustice à leur gouvernement », a écrit Andrew Jackson, ancien président des États-Unis, dans son message de 1832 expliquant son veto contre les banques.

Plus récemment, ce message fut le point de focalisation d’une nouvelle étude du Center on Poverty and Social Policy (CPSP) de l’université de Columbia. Mais il prend une nouvelle forme : l’inégalité face à l’inflation. Selon cette étude, il y a 3,2 millions d’Américains de plus que les statistiques officielles qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Selon les auteurs, la cause principale de l’inégalité face à l’inflation est engendrée par l’inégalité des revenus. Les entreprises, qui se battent afin de gagner des parts de marché sur le secteur du luxe, font baisser les prix des biens les plus chers. Malheureusement, la réalité est toute autre pour les marchandises bon marché.

« Vu que les sociétés se livrent bataille pour attirer les clients fortunés, le prix des choses que les riches achètent baisse plus que le prix des choses que les familles à bas revenus achètent », écrit l’étude. C’est même le contraire pour les produits les plus abordables, dont les prix sont en fait en train de baisser.

Par exemple, le prix des bières de microbrasserie baisse alors que la bière allongée à l’eau qui est vendue en packs de 30 ne voit pas son prix baisser.

L’étude affirme que la hausse des prix ne se manifeste pas de la même façon, qu’elle impacte plus les pauvres que les riches. Selon elle, les pauvres doivent composer avec une inflation plus élevée de 0,44 % que celle qui impacte les riches. Les classes moyennes sont également touchées plus durement par l’inflation : ses ménages ont perdu environ 1.250 $ de pouvoir d’achat l’année dernière. Et en ce qui concerne les bas revenus qui empochent des montants qui ne permettent pas de recourir aux aides sociales, c’est encore plus compliqué.

De plus, le taux de pauvreté aux États-Unis est bien plus élevé que les chiffres officiels. Selon les calculs du Center on Poverty and Social Policy (CPSP), ce sont 41,4 millions d’Américains qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit 3,2 millions de personnes de plus que les chiffres officiels. L’étude note également qu’il ne faut pas grand-chose pour basculer dans cette catégorie.

Comme nous avons pu le constater à l’occasion de la fermeture partielle des services publics fédéraux l’année dernière, le non-paiement d’un salaire peut propulser un ménage dans les difficultés financières. Malgré un taux de chômage au plus bas et la stabilité économique, les derniers chiffres en la matière montrent que 40 % des Américains sont à un salaire mensuel du seuil de pauvreté. Ce chiffre est en hausse par rapport à l’année dernière (36,8 %).

Un rapport de Prosperity Now a également mis en exergue les chiffres suivants :

  • 13 % des ménages américains ont des factures en retard ;
  • Environ 1/3 des ménages US n’ont pas d’épargne ;
  • Environ 40 % d’entre eux sont dans l’incapacité de faire face à une urgence.

Fin octobre, le taux de chômage était de 3,5 % États-Unis. Ce n’était plus arrivé depuis décembre 1969. Mais les salaires n’ont pas beaucoup augmenté, en tout cas pas autant que les prix, surtout en ce qui concerne les loyers et l’énergie. Ajustés à l’inflation, les salaires ont augmenté de 0,6 % (inflation de 2,3 %, selon le Labor Department).

En bref, la pauvreté gagne du terrain aux États-Unis, et les chiffres officiels cachent la réalité.