La faillite de Carillion va coûter cher aux contribuables britanniques en raison des PFI

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La chute du groupe de travaux publics Carillion, vieux de 2 siècles, fut aussi spectaculaire que la faillite sera coûteuse. La liquidation a été ordonnée le 15 janvier suite à la fin des négociations avec les banques et le gouvernement. La société, dont le chiffre d’affaires fut de 5,2 milliards de livres en 2016, emploie 43.000 personnes, dont 20.000 en Grande-Bretagne et 10.000 au Canada. Elle croule sous la dette tandis que son plan de retraite est sous-financé.

Le titre de l’entrepreneur a chuté de 95 % durant les 12 derniers mois, passant de 3,53 dollars en janvier 2017 à 0,17 dollar aujourd’hui.

« Nous ne sommes pas parvenus à obtenir les fonds nécessaires pour exécuter notre business plan. C’est donc avec le plus grand des regrets que nous sommes arrivés à cette décision », a déclaré la société via un communiqué. Le gouvernement est désormais tenu de reprendre le flambeau des services publics qui étaient offerts par cette société, allant de repas scolaires à des travaux de maintenance dans les hôpitaux en passant par l’entretien de routes.

Les problèmes de Carillion ont commencé suite à des retards dans l’exécution de contrats et son incapacité à trouver de nouveaux projets, ce qu’il a laissée à la merci de ses créanciers tandis qu’elle se débattait avec sa dette. La chute est devenue inévitable lorsque les hedge funds, sentant l’odeur du sang frais, se sont mis à shorter en masse le titre à partir de novembre 2016. (…)

Mais il y a pire : en raison des contrats de type « PFI » (private finance initiative) qui permettent de financer des travaux d’infrastructure par le privé qui sont ensuite loués via un contrat de leasing par le secteur public (note : ce qui permet d’emprunter sans creuser visiblement la dette), la chute de Carillion va coûter très cher au gouvernement, ou plutôt aux contribuables britanniques. En effet, Carillion a « revendu », comme la loi le permet, de nombreux PFI à des investisseurs étrangers. Le gouvernement britannique va donc devoir prendre à sa charge les activités de maintenance qui incombaient à Carillion tout en payant les frais de leasing aux investisseurs étrangers. (…)

Tout cela a lieu alors que les coûts réels de ce système des PFI est devenu apparent. En avril 2017, un rapport du National Audit Office ayant fait l’effet d’une bombe a averti que rien qu’en 2018, le coût des PFI va atteindre 8,6 milliards de livres. Au total, les contribuables britanniques doivent plus de 121 milliards de livres de remboursements d’infrastructures publiques dont la valeur est inférieure à 53 milliards. Et les charges d’intérêts continuent de s’accumuler… (…)

Les sociétés qui exploitent le système des PFI continueront d’empocher des milliards faciles, des bénéfices presque garantis. À moins, bien sûr, de tomber en faillite. Dans ce cas, les actionnaires perdent leur chemise, les directeurs s’en vont les poches bien pleines tandis que les contribuables doivent payer une facture de services publics encore plus onéreuse.

Extraits de l’article de Don Quijones, publié le 15 janvier 2018 sur WolfStreet.com