La rigueur fiscale n’est toujours pas en vue aux États-Unis

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Mes chers concitoyens contribuables, voici votre rappel trimestriel que l’Oncle Sam n’est pas un bon gestionnaire de votre argent. Le Congressional Budget Office vient de publier son dernier rapport concernant ses projections à 10 ans des recettes et des dépenses du gouvernement fédéral. Ce n’est pas très joli à voir.

En bref, en 2020, le gouvernement devrait collecter 3,6 trillions de dollars de recettes fiscales. En raison de son addiction à la dépense, les sorties représenteront 4,6 trillions. Cela signifie que le gouvernement devra emprunter un trillion rien que cette année afin de couvrir un déficit qui s’élèvera à 4,6 % du PIB. Il s’agit du premier déficit d’un trillion de dollars en dehors d’une période de récession.

Le trou devra être comblé par les particuliers et les investisseurs institutionnels, aussi bien américains qu’étrangers. Et tandis qu’on ne cesse de nous ressasser une rhétorique anti chinoise, il est bon de rappeler que la Chine est le 2e plus gros investisseur étranger dans la dette fédérale, juste derrière le Japon. Je suppose que ces dollars sont une importation de Chine qui ne dérange pas l’administration Trump.

D’après le CBO, ces dépenses excessives devraient se poursuivre et s’empirer durant la décennie à venir pour passer de 21 à 23,4 % du PIC. Les rentrées exprimées en pourcentage du PIB devraient grimper de 16,4 % aujourd’hui à 18 % en 2030. Mais ce ne sera pas suffisant pour couvrir les dépenses de 7,5 trillions de dollars du gouvernement, d’où le déficit projeté de 1,74 trillion.

Évidemment, cela va faire gonfler la dette. La dette détenue par le public va grimper de 80 % du PIB aujourd’hui à plus de 98 % en 2030 (de 17,2 trillions à 31,4 trillions). Si on ajoute ce que l’Oncle Sam doit à d’autres postes publics, par exemple la sécurité sociale, le chiffre est beaucoup plus élevé.

Tout ceci part du principe que la loi en vigueur ne change pas. Bien entendu, tout le monde sait qu’il y aura des modifications. Le Congrès contournera les règles censées limiter les dépenses. Peu importe la couleur politique, on autorisera les dépenses folles.

Cela explique notamment pourquoi les déficits sont supérieurs de 160 milliards par rapport à l’estimation précédente du CBO. C’est toujours comme ça. Il y a davantage de dépenses qui se matérialisent, tandis que les rentrées ont été surestimées. (…)

Heureusement, l’économie se porte bien en ce moment. Cette bonne performance masque de nombreux soucis. Pas seulement les guerres commerciales, mais aussi la situation fiscale des USA. La vérité est qu’un pays qui connaît la croissance durant une période de paix ne devrait jamais voir ses déficits augmenter.

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