Le corona et la dette : un double virus dévastateur (S. Thomson)

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Perth Mint or

Il y a un virus qui est plus inquiétant que le corona, c’est le virus mondial de l’endettement. En Amérique, le ratio dette/PIB est 3 fois plus élevé qu’il l’était lorsque Ronald Reagan a été élu. Pour le dire plus simplement, Donald Trump ne dispose pas de la marge de manœuvre qu’avait l’ancien acteur pour augmenter la dette, créer de la croissance avec cette dette pour ensuite affirmer que cette croissance a été engendrée par ses baisses d’impôts.

Les tendances démographiques défavorables et la dédollarisation mondiale compliquent encore plus toute tentative de vouloir créer de la croissance via l’endettement. La bonne nouvelle est que Trump semble l’avoir compris vu que l’augmentation de la dette a lieu à un rythme modéré.

La mauvaise nouvelle est que le niveau absolu de cette dette est tellement élevé que même une augmentation modérée de l’endettement ne produit pas de croissance.

En bref, Reagan fut en mesure de créer un dollar de croissance avec 1/2 dollar de dette. À l’époque les dynamiques démographiques étaient excellentes, nous étions dans le cycle le plus agressif de baisse des taux de l’histoire américaine… Bien d’autres vents favorables soufflaient en sa faveur.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et l’horloge de la dette montre que la situation empire jour après jour.

De nombreux analystes de l’or craignent un krach de la Bourse. Ils pensent que le coronavirus pourrait être le « cygne noir » susceptible de le provoquer. De mon côté, j’affirme haut et fort que c’est plutôt le dollar qui est le marché le plus en danger en ce moment. Je pense que l’économie privée américaine est plutôt saine alors que le gouvernement américain est infecté par l’horrible virus de la dette qui menace de tuer le billet vert.

Les partisans du scénario du krach des actions devraient observer avec attention ce graphique. Il montre que les krachs des marchés actions sont très rares en l’absence de cycle de hausse des taux. Les marchés actions ne sont pas représentatifs de l’économie réelle, même si les politiciens aiment prétendre le contraire. Les actions fluctuent principalement en raison des actions de la FED. Il s’avère que celle-ci est fort accommodante depuis qu’elle a jeté l’éponge sur le terrain de la normalisation des taux.

Une baisse de la Bourse reste possible, mais peu probable tant que la FED ne commence pas à remonter ses taux. En revanche, la baisse du dollar par rapport à l’or est presque certaine.

Avec le risque du coronavirus, la FED va-t-elle risquer un serrage de vis ? Bien sûr que non.

En ce qui concerne l’or, la formation en fanion qui se dessine indique un objectif possible de 1670 $. La zone des 1570-1520 dollars représente une bonne opportunité d’achat.

L’endettement grandissant des États-Unis et les injections de liquidités de la FED produisent davantage de dette que de croissance. On encourage les conseils d’administration à s’endetter pour acheter des actions plutôt que d’investir, les gouvernements parlent de croissance mais ne font que s’endetter tandis que l’or surperforme par rapport aux autres actifs. Voici le monde dans lequel nous sommes et nous allons rester.

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