Le déficit commercial américain au plus haut depuis 6 ans, de mauvais augure pour la croissance ?

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Donald Trump en avait fait son cheval de bataille durant la campagne électorale : il faut restaurer la grandeur de l’Amérique (« Make America Great Again »), et cela passe par la résorption de son déficit commercial conséquent.

Malheureusement pour lui, depuis son investiture les choses vont de mal en pis : en novembre 2017, le déficit commercial américain s’est encore creusé, et plus qu’anticipé par les analystes. Selon le Département du Commerce américain (source Reuters), le trou s’est élevé à 50,5 milliards en novembre, soit une augmentation de 3,2 %. Il s’agit du plus gros déficit commercial mensuel aux États-Unis depuis janvier 2012.

Les économistes interrogés par Reuters avaient prévu une augmentation du déficit qui atteindrait 49,5 milliards en novembre, alors que le mois précédent le trou s’était élevé à 48,7 milliards. Élément important à noter pour alimenter le débat qui a lieu en ce moment concernant l’éventuel retour de l’inflation, une partie de ce creusement est due à l’augmentation des prix…

Les exportations américaines ont augmenté de 2,3 % pour atteindre un montant record de 200,2 milliards de dollars en novembre. Ces exportations sont notamment dopées par la faiblesse relative du dollar, qui soutient le secteur manufacturier américain. Mais les exportations américaines vers la Chine ont tout de même baissé de 1,9 %. Le déficit commercial entre les États-Unis et la Chine s’est d’ailleurs creusé de 0,6 %.

Ce qui nous amène à cet article de BlackRock qui évoque le risque géopolitique en 2018, et qui affirme que c’est du côté du commerce international qu’il faudra être attentif cette année :

« L’économie est en phase de croissance, les marchés actions ont atteint de nouveaux records et les marchés semblent calmes. Pourquoi faudrait-il s’inquiéter ? Les risques géopolitiques font leur réapparition, d’après le BlackRock Geopolitical Risk Indicator (BGRI). Ce qui n’est pas nécessairement négatif pour les marchés :

bgriLe BGRI jauge le niveau d’inquiétude des marchés concernant le risque géopolitique en fonction de la couverture de ce sujet dans les médias et les papiers des grandes institutions financières. Un score positif indique que les marchés semblent davantage s’inquiéter des risques géopolitiques (sur base historique), tandis qu’un score négatif indique qu’ils s’en soucient moins.

Le BGRI est désormais à un plus haut depuis mars 2015, ainsi qu’à des niveaux bien plus élevés que durant 2017 alors que les marchés devaient digérer la victoire de Donald Trump, s’inquiétaient à propos du résultat des élections françaises et craignaient les conséquences d’un Brexit tendu. Faut-il s’inquiéter de cette hausse du BGRI vu que nous sommes encore loin des plus hauts ? Nous pensons que l’approche américaine concernant les échanges commerciaux doit être surveillée de près.

Le commerce est le risque à surveiller

(…) Le contexte économique est solide, et nous ne pensons pas que la géopolitique va remettre fondamentalement en cause cette tendance.

Mais quels facteurs pourraient gâcher la fête ? Nous nous inquiétons principalement des conséquences d’une approche protectionniste américaine concernant le commerce. Il s’agit d’un risque qui pourrait freiner la croissance mondiale et les bénéfices jusqu’à remettre en question nos prévisions économiques. Tout démantèlement de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) serait un mauvais signe pour l’économie mondiale. Nous pensons que cela pourrait faire du tort, à court terme, aux marchés actions des marchés émergents.

La recrudescence des tensions commerciales avec la Chine est un autre point d’inquiétude. Nous suivons de près l’examen américain des pratiques commerciales chinoises dans des secteurs tels que la technologie, l’acier, l’aluminium. Nous n’anticipons pas de guerre commerciale, mais les investisseurs doivent se méfier d’une volatilité alimentée par ces tensions en 2018. (…) Notre scénario de base reste néanmoins que la géopolitique ne va pas remettre en question la tendance à la prise de risque en 2018 de façon pérenne.