Le mur de la discorde provoque une nouvelle fermeture des services publics US

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Après le redressement spectaculaire de la Bourse américaine du 26 décembre en raison d’un facteur technique (achats des caisses de retraite américaines, qui sont sorties des obligations pour ajouter des actions à leur portefeuille), on en oublierait presque que l’on en est à la 3e fermeture des services publics US en 2018. Celle-ci pourrait durer : Trump veut son mur. Le titre de cet article de CNBC est sans ambiguïté :

Il n’y aura pas réouverture sans mur – Trump

Le président Donald Trump a affirmé que certains services publics seront inactifs tant que les démocrates refusent d’ériger davantage de barrières à la frontière américano-mexicaine. Il semble espérer un miracle de Noël qui permettrait à plusieurs départements de rouvrir, à leurs fonctionnaires de retourner au travail.

Lorsqu’on lui a demandé quand les services seraient rétablis, Trump a répondu : « Je suis dans l’incapacité de vous répondre. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’ils ne seront pas rétablis tant que nous n’avons pas de mur ou de clôture, peu importe le terme qu’ils veulent utiliser. »

« Je suis prêt à utiliser le mot qu’ils veulent, mais au final c’est la même chose », a-t-il déclaré à la Maison-Blanche après avoir présenté ses vœux aux troupes américaines qui servent sur le territoire et à l’étranger.

Selon Trump, seul un mur peut mettre un terme au trafic de drogue et d’êtres humains aux États-Unis.

« Nous ne pouvons y arriver sans d’une barrière. C’est impossible sans un mur », a-t-il déclaré aux journalistes.

Les démocrates refusent d’allouer des fonds à la construction d’un mur ou d’une clôture. Ils souhaitent en guise d’alternative le recours à la technologie pour contrôler les frontières.

Le sénateur Chuck Schumer de New York et la représentante au Congrès Nancy Pelosi de Californie, les leaders démocrates, accusent Trump d’être responsable du blocage et d’avoir « précipité le pays dans le chaos ». Ils ont cité des problèmes qui vont au-delà de la fermeture des services publics, comme la chute de Wall Street ou encore la décision de Trump de limoger son secrétaire à la Défense.

« Le président voulait cette fermeture, mais il ne semble pas savoir comment s’en sortir », ont-ils écrit dans un communiqué.

Durant le week-end, la Maison-Blanche a proposé une contre-offre à Schumer, qui coupe la poire en 2 entre les 5,7 milliards demandés par Trump et l’offre de 1,3 milliard des démocrates, selon le directeur du budget Mick Mulvaney. Il n’a pas donné plus de précisions, mais un conseiller démocrate sous le couvert de l’anonymat et qui a participé aux discussions a déclaré que la Maison-Blanche avait offert 2,5 milliards en 2 montants : une somme de base de 2,1 milliards, plus 400 millions que les démocrates qualifient de « caisse noire » pour financer les autres priorités de Trump concernant l’immigration.

Mulvaney a déclaré qu’il attendait la réponse de Schumer. Ses services ont déclaré que les 2 parties restaient « très éloignées ».

Trump est intervenu ce lundi à partir de la Maison-Blanche, où il a été confiné depuis samedi, depuis le début de la fermeture. Trump, qui passe traditionnellement Noël dans sa propriété de Floride, a évoqué sa solitude le lundi dans un Tweet : « Je suis tout seul (pauvre de moi) à la Maison-Blanche, dans l’attente de la réponse des démocrates afin de trouver un accord sur la sécurité aux frontières, dont nous avons désespérément besoin. » Il a ensuite enchaîné : « À un certain moment, le refus des démocrates de trouver un accord coûtera plus d’argent au pays que le mur dont nous parlons. C’est dingue ! »

Trump a rencontré lundi son secrétaire à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen et d’autres officiels concernant ce dossier. Les négociateurs du Sénat ont poursuivi les discussions bipartites en coulisse. Une brève session a eu lieu au Sénat le jour du réveillon de Noël, elle s’est clôturée à nouveau sans fumée blanche.

Plusieurs agences et cabinets ont été fermés depuis samedi lorsque leur financement a été coupé. Mulvaney a prévenu que l’interruption des services pourrait se prolonger jusqu’en janvier, lorsque les démocrates reprendront le contrôle de l’appareil législatif.

Trump a dispensé les employés fédéraux de travail le lundi, tandis que le mardi était un jour férié officiel. Cela signifie que les premiers effets se sont manifestés le mercredi. Environ 800.000 fonctionnaires fédéraux doivent soit se rendre au travail sans traitement dans l’immédiat, ou rester à la maison.

Trump avait promis de faire payer la facture du mur au Mexique, ce que ce dernier a refusé.