Le Venezuela souhaite rapatrier de la BoE pour 550 millions de dollars d’or

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or de la Buba

Le Venezuela a pour intention de rapatrier pour environ 550 millions de dollars d’or de lingots qui se trouvent stockés à la Banque d’Angleterre, de crainte de voir le métal être confisqué en raison des sanctions internationales, d’après 2 sources ayant connaissance de ce dossier qui se sont confiées à Reuters.

Les réserves du Venezuela ont fondu comme neige au soleil alors que les sanctions américaines contre le pays ont de facto empêché le gouvernement du président Nicolas Maduro d’emprunter sur les marchés internationaux.

Ce jeudi, l’administration Trump a lancé une nouvelle salve de sanctions contre Caracas, en interdisant notamment aux citoyens américains de s’engager dans des transactions avec le Venezuela portant sur l’or, afin de mettre davantage la pression sur Maduro.

Le gouvernement de Maduro souhaite désormais rapatrier les 14 tonnes d’or que possède le Venezuela auprès de la Banque d’Angleterre, d’après 2 membres officiels ayant une connaissance directe du dossier, mais qui se sont confiés sous le couvert de l’anonymat.

D’après l’une de ces 2 sources, la Bank of England aurait demandé au Venezuela de clarifier ce qu’il souhaite faire de cet or. Après avoir été contactée par Reuters, la Banque centrale du Venezuela n’a pas souhaité faire de commentaire.

Cela ferait 2 mois que cette initiative a été lancée et qu’elle est bloquée en raison de la difficulté d’obtenir l’assurance indispensable pour l’expédition d’un envoi d’une telle valeur, l’un des officiels a déclaré.

« Ils continuent de chercher une assurance, dont les coûts sont très élevés », a-t-il déclaré.

Le Venezuela est entré dans sa 5e année consécutive de récession. L’inflation annuelle est de plus de 400.000 %. Un environnement qui a déclenché des épisodes de famine, des épidémies ainsi que provoqué l’exode d’environ 2 millions de Vénézuéliens.

Maduro affirme que son gouvernement est victime d’une guerre économique menée par l’opposition et alimentée par les sanctions de Washington. Ses opposants dénoncent le modèle d’économie dirigée du pays, les règles très strictes en matière de change et la nationalisation de sociétés privées.

Perdre ces lingots d’or serait un gros coup dur pour les finances du pays. Un manque de devises de réserve est susceptible d’entraîner des pénuries de biens de première nécessité comme l’alimentation, les médicaments ou encore les pièces automobiles.

Ces 14 tonnes d’or correspondent à environ 1/5 du métal que le Venezuela a vendu en 2018. (…)

Pays alliés

Mais même si le Venezuela parvient à rapatrier cet or, les nouvelles sanctions américaines compliqueront grandement sa vente.

« Si le gouvernement souhaite réaliser des transactions avec cet or qu’il compte rapatrier, il devra le faire avec des pays alliés en raison des sanctions », a déclaré Tamara Herrera, économiste chez Sintesis Financiera.

L’année dernière, le Venezuela a exporté de l’or vers la Turquie. Des arrangements qui sont allés crescendo alors que Maduro tissait des liens de plus en plus étroits avec le président turc Tayyip Erdogan.

Vendre directement l’or vénézuélien qui se trouve à la Banque d’Angleterre à un acheteur étranger serait plus simple d’un point de vue logistique, mais l’opération pourrait capoter en raison des sanctions.

Pendant des décennies, le Venezuela a stocké son or dans les coffres de banques centrales étrangères, une pratique courante dans les pays en voie de développement.

L’ancien leader socialiste Hugo Chavez avait rapatrié en 2011 environ 160 tonnes d’or qui se trouvaient aux États-Unis et en Europe. Selon lui, le Venezuela devait avoir le contrôle de ses actifs. Néanmoins, une partie de cet or est resté à la Banque d’Angleterre. À partir de 2014, le Venezuela a utilisé ce métal pour réaliser des opérations de swap, à savoir des prêts garantis par cet or.

Les statistiques de la Banque centrale du Venezuela indiquent que ses stocks de juin sont tombés à 160 tonnes, alors qu’ils s’élevaient à 364 tonnes en 2014. Cela s’explique par le fait que certaines opérations de swap sont arrivées à expiration. Et vu que le Venezuela n’a pas payé, les lingots sont devenus la propriété des créanciers.

En 2017, réaliser de telles opérations est devenu compliqué en raison des sanctions américaines, qui ont empêché les institutions financières américaines de conclure de nouveaux swaps.

Source : Reuters