L’économie mondiale ne pourra encaisser ne fut-ce qu’un relèvement des taux américains

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Fed taux

Une simple petite hausse du taux directeur américain par la FED pourrait avoir un gros impact sur les économies des États-Unis et du monde, a déclaré le stratégiste Komal Sri-Kumar à CNBC ce lundi.

« Je pense qu’ils vont relever le taux directeur » le 15 mars, a déclaré Komal Sri-Kumar dans l’émission « Squawk Box », relayant une opinion partagée par de nombreux analystes. « Mais cela va déclencher des fuites des capitaux de la zone euro, surtout en raison du risque politique qui règne. Cela va accélérer la fuite des capitaux en Chine, et l’économie américaine le sentira passer. »

Ces mouvements renforceront le dollar par rapport aux autres devises, poussant ainsi l’euro à la baisse, a déclaré Sri-Kumar, président de Sri-Kumar Global Strategies.

Il a reconnu que certaines pressions « seront probablement bonnes pour l’économie européenne d’un point de vue commercial », vu que les exportations européennes deviendront moins cher.

« Mais le problème se situe au niveau des fuites des capitaux », a-t-il déclaré, avertissant que le désinvestissement en Europe pourrait augmenter le risque sur les marchés étrangers. « Ces économies, malgré une petite embellie, ne sont pas assez vigoureuses pour encaisser une hausse des taux américains. »

La raison de cette faiblesse des marchés mondiaux provient d’une longue période de liquidité, ou de stabilisation des prix des marchés, d’après Sri-Kumar.

« Pendant trop longtemps, nous avons eu une période de liquidités excessives, a-t-il déclaré. Les marchés sont désormais faussés. Les taux obligataires sont bien, bien plus bas qu’ils le seraient en l’absence des QE et des taux zéro. »

Résultat des courses, de petits changements de l’économie américaine résonnent à travers le monde, a déclaré Komal Sri-Kumar, ajoutant que si la FED avait commencé à relever ses taux dès que le pays commençait à se relever de la crise financière de 2008, les États-Unis auraient pu se retrouver dans une situation plus enviable.

Le stratégiste affirme que si la normalisation des taux avait démarré en 2009, les taux obligataires seraient supérieurs, les marchés actions auraient grimpé sur base de fondamentaux plutôt que de la création de liquidité, et le redressement de l’économie serait plus rapide.

« J’ai dit qu’ils auraient dû relever les taux de 1 à 1,5 % il y a trois ans. Les marchés auraient pris un coup, mais ils se seraient ensuite redressés. Et si vous faites cette torture chinoise de la goutte d’eau en termes de petites augmentations, vous n’allez pas obtenir une croissance durable », a-t-il ajouté.

Sri-Kumar prédit que lorsque la FED verra l’impact de sa hausse des taux en mars, la présidente Janet Yellen se contentera à nouveau d’une seule hausse en 2017. »

Article de CNBC.com, publié le 6 mars 2017